Tentation

La tentation est plus forte que le désir ou l’envie, d’une autre nature que tous les « péchés capitaux » ruinant souvent la bonne volonté et produisant un immense surcroît de mal, jamais explicable par le seul mauvais vouloir. Elle n’est pas seulement ce mouvement intérieur qui nous porte à des choses mauvaises en relation à des critères moraux ou de sagesse : satisfaction matérielle immédiate pour des plaisirs corporels ou intellectuels. Elle concerne, au détriment de la sagesse et du plan de Dieu, des désirs, de fausses solutions à des visées raisonnables, auxquels nous n’aurions pas pensé seuls.

Ce terme ponctue notre existence pratique autant que spirituelle. Trois occurrences bibliques nous permettent de l’apprécier : en Genèse 3, 5, le serpent donne une idée, un désir à Eve : «… le jour où vous en mangerez, vous serez comme des dieux… »  et en Gn6 : « …fruit bon à manger, séduisant à regarder, précieux pour agir avec clairvoyance… » ; au désert (Matthieu 4 et Luc 4) Jésus est « tenté par le diable » ; celui-ci propose de fausses solutions, calmer la faim,  célébrité, pouvoir de changer le monde par force et puissance.  Aucune de ces « solutions » n’est conforme au plan de Dieu ;  la « tentation » dans le Notre Père (Lc  11, 2-4 ; Mt 6,9-13) n’est éclairée que par le délivre-nous du Tentateur (Mt 6, 13) plus précis que le « Mal » qu’il génère.

La « tentation » est donc, toujours, une sollicitation au mal par la suggestion du diable….qui veut notre malheur  en s’opposant au plan de Dieu. Il n’est possible de sortir de la confrontation que par la prière et le discernement de l’Esprit.

Patrick Cantin