Père Rabel le 8 mai 2016

                         7ème dimanche de Pâques - Saint-Pierre - 8 mai 2016

 

1) Une responsabilité

     A l’Ascension, les deux hommes disent aux apôtres : « Pourquoi restez-vous là, à regarder le Ciel ? ». Nous sommes donc renvoyés à notre travail sur terre. Rappelons-nous le Concile Vatican II : la responsabilité des laïcs, c’est de « chercher le règne de Dieu, précisément à travers la gérance des choses temporelles, qu’ils ordonnent selon Dieu ». Et lorsque le Christ, dans l’évangile, dit : « Moi, je leur ai donné la gloire », cela veut dire : ‘Je les associe à ma mission’.

     Nous sommes à la fin de la ‘prière sacerdotale’ du Christ, au chapitre 17 de St Jean ; tout de suite près, c’est l’agonie, l’arrestation et le procès. La 1re lecture nous présente la mort d’Etienne, 1er martyr. Rappelons-nous la 8ème béatitude : « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice » ou encore « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître » (Mt 10, 24). Cette responsabilité que le Christ nous donne, elle n’est pas sans risque. Si la Tête est montée au Ciel, c’est après la Passion ; pourquoi les membres seraient mieux lotis que leur maître ?

 

2) Une confiance

     A l’Ascension, le Christ nous passe, en quelque sorte, le relais. C’est très explicite : « A vous d’en être les témoins », demande-t-il aux disciples. Nous sommes les collaborateurs, les ‘ambassadeurs’ dirait St Paul, du Christ. Finalement, il nous confie sa gloire, celle du Père, c’est-à-dire cette densité de l’amour miséricordieux de Dieu.

     Seulement, il ne nous laisse pas seuls… « Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins », dit-il aux apôtres lors de l’Ascension. Ce qui se manifestera pleinement lors de la Pentecôte. Nous à qui le Christ fait confiance pour, aujourd’hui, dans un contexte troublé, témoigner de la Bonne Nouvelle, faisons-nous assez appel à l’Esprit-Saint ? A quelques jours de la Pentecôte, prions intensément l’Esprit, pour qu’il nous relance dans le courage de témoigner.

 

3) Une mission

     L’unité, qui est l’insistance de l’évangile de ce jour, n’est pas un objectif en soi ; elle est demandée, en vue de la mission que le Seigneur nous confie : « … pour que le monde croie que tu m’as envoyé… afin que le monde sache que tu m’as envoyé ». L’objectif, c’est de permettre à chaque homme, comme le souligne la 2ème lecture : « Viens, Seigneur Jésus ! ». De donner à chaque homme ce désir de répondre à l’appel du Christ.

     Dans la ‘prière sacerdotale’, le Christ se tourne vers son Père. Il fait de sa vie une offrande parfaite : « afin que le Fils te glorifie » dit-il au tout début de cette prière. Mais il veut entraîner son Corps, l’Eglise, dans cette offrande. Et c’est tout l’enjeu de nos messes : faire des croyants, et à travers eux de toute la création, une vivante offrande à la gloire du Père. C’est tout l’enjeu de nos vies de baptisés : cette responsabilité, basée sur la confiance, pour une mission qui nous associe à celle du Fils.

 

 Père Hervé Rabel