Père Rabel le 5 mars 2017

                 1er dimanche de carême ‘A’ - Saint-Pierre/St Jacques - 5 mars 2017

 

 

1) Une réalité : l’arbre de vie

     Les tentations du Christ nous renvoient à la tentation primordiale, celle du jardin d’Eden. Mais qu’y a-t-il dans ce jardin, au centre ? Non pas cet arbre qui va conduire au péché, mais l’ « arbre de vie ». C’est-à-dire la croix, qui déjà, au tout début de l’histoire du salut, se profile. L’homme et la femme ont voulu être forts, mener leur vie, Jésus, lui, s’est laissé conduire par l’Esprit : il s’est fait obéissant, jusqu’à la croix.

     L’oraison d’ouverture nous invite ‘tout au long de ce carême, de progresser dans la connaissance de Jésus-Christ’. C’est bien l’objectif de tout carême : non pas d’abord de résister aux tentations, ne pas vouloir être ‘forts’, mais laisser le Christ, par son esprit, agir en nous, pour nous transformer. Par le souffle de vie « l’homme devint un être vivant » nous dit la Genèse : c’est cela, l’objectif du carême : devenir par grâce, un être vivant, à la ressemblance du grand vivant qu’est le Christ.

 

2) Une parole : « Vous serez comme des dieux »

     C’est terrible, cette parole du démon parce que, justement, c’est bien l’objectif de Dieu : que nous devenions semblables à Lui ! Mais certainement pas en prenant, mais en accueillant. Pas à la force des poignets, mais en se laissant inlassablement façonner. Le péché originel, c’est, finalement, un péché d’impatience : l’homme et la femme n’ont voulu compter que sur eux-mêmes…

     L’oraison d’ouverture nous demande d’avoir « une vie de plus en plus fidèle ». « Le juste vivra par sa fidélité » nous rappelle un prophète. Alors, quelle fidélité nous est-il demandé de vivre ? « C’est par la persévérance que vous obtiendrez la vie », nous dit Jésus dans l’Evangile. Ne nous décourageons pas, ‘laissons le temps au temps’ : nous avons à nous laisser diviniser, ou plutôt ‘christifier’, mais nous ne sommes pas encore des dieux. Alors, humblement, demandons à l’Esprit Saint de nous transformer à la ressemblance de Notre Seigneur.

 

3) Un geste : « La femme prit de son fruit »

     Malheureuse : elle prend… ce qui, justement, devait lui être donné par Dieu ! C’est un cadeau que nous avons à accueillir à non à prendre, à arracher des mains du donateur… au risque de l’abimer, voire de le casser. Imaginons quelqu’un voulant nous donner un superbe cadeau, et nous l’arrachons de ses mains : quelle tristesse ! Et si, de plus, ce cadeau est fragile et que nous le laissons tomber : quel malheur ! C’est ça, le péché originel.

     L’oraison d’ouverture nous dit de « nous ouvrir à la lumière du Christ ». Alors, demandons cette lumière, prions le St Esprit, lui qui est dispensateur de la Lumière. L’objectif de tout carême, c’est d’abord de rendre gloire à Dieu, en accueillant ce cadeau qu’Il veut nous donner, qui est sa propre vie. Mais c’est aussi nous remplir de cette lumière, afin d’en être transparents, de la mettre sur le lampadaire et, comme le dit Jésus, de « permettre aux hommes, en voyant ce que l’on fait de bien, de rendre gloire au Père ».

 

     

    

 Père Hervé Rabel