Père Rabel le 31 janvier 2016

             4ème dimanche du temps ordinaire ‘C’ - Saint-Pierre - 31 janvier 2016

 

 

1) Que fait Jésus dans cet évangile ? Tout d’abord, il parle

     « Aujourd’hui, s’accomplit ce passage de l’Ecriture ». Celui qui avait été annoncé par tout l’Ancien testament apparaît : « je t’ai consacré ; je fais de toi un prophète pour les nations » annonçait Jérémie 600 ans auparavant. Avec ce paradoxe inouï : « n’est-ce pas là le fils de Joseph ? ». Un homme qui ose parler d’accomplissement, qui brave la stupéfaction des fidèles rassemblés dans la synagogue de Nazareth.

     « Aujourd’hui s’accomplit » : aujourd’hui… Le Christ est retourné vers son Père et n’est-ce pas alors à nous « d’accomplir » aujourd’hui les Ecritures, à nous qui nous disons disciples, à nous qui sommes consacrés par notre baptême, par notre confirmation, notre sacrement de mariage ou notre ordination. « Mon Dieu, tu m’as instruit dès ma jeunesse, jusqu’à présent, j’ai proclamé tes merveilles » » dit le psaume. Bien sûr, c’est d’abord à Jésus qu’il s’applique mais, aujourd’hui, c’est à nous d’avoir le courage d’annoncer ces merveilles, cette nouveauté inouïe de la miséricorde qui a pris chair il y a 2000 ans.

 

2) Que fait Jésus ? Après avoir parlé, on le pousse hors de la ville

     Cette controverse, au tout début du ministère public, elle annonce bien sûr la Passion, où « tous sont devenus furieux » et la crucifixion, qui aura lieu « hors de la ville ». Evidemment, tout cela était annoncé dans l’Ecriture, puisque Jésus l’accomplit. « Ils te combattront, mais ils ne pourront rien contre toi » prophétisait Jérémie.

     Et nous, aujourd’hui. Ne nous faisons pas d’illusion. Nous sommes poussés, nous aussi, « hors de la ville », avec ce ‘changement de civilisation’, cette ‘transformation de la société’, cette volonté de fabriquer un ‘homme nouveau’, cette nouvelle religion d’Etat que l’on veut mettre en place. Il est alors temps de relire Jérémie : « Ne tremble pas devant eux », mais aussi le psaume : « Ma forteresse et mon roc, c’est toi ». Ne nous faisons aucune illusion, si la tête est passée par la Passion et la croix, les membres y passeront également, si vraiment nous sommes du Corps. Et nous aurons à crier comme le Christ : « En toi Seigneur, j’ai mon refuge, garde-moi d’être humilié pour toujours ». « Père, entre tes mains, je remets mon esprit », devons-nous dire, à la suite de Jésus…

 

3) On pousse Jésus hors de la ville, « mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin »

     Etonnant ! Quelle souveraine liberté. Celle du Fils qui va réaliser jusqu’au bout le projet du Père. N’imaginons pas Jésus tâtonnant, ne sachant pas trop où il va…Bien sûr que non ! Le Christ, dans la fine pointe de son âme, a la vision béatifique et sait pertinemment que son chemin, c’est la croix et la résurrection. N’allons pas en faire un homme velléitaire, il sait où il va et prendra ce chemin avec courage.

     Alors, nous aussi, puisque nous avons à participer aujourd’hui à cet accomplissement, nous sommes invités à « aller notre chemin » et ce chemin, c’est bien sûr le Christ. Aller notre chemin, courageusement, non pas certes avec nos propres forces, mais avec la grâce de Dieu. « Ils ne pourront rien contre toi, car je suis avec toi pour te délivrer » nous prévient Jérémie. St Paul ne nous-t-il pas : « Je vais vous indiquer le chemin par excellence » et ce chemin, c’est le Christ. Demandons lui de nous remplir de cette charité qui « supporte tout, fait confiance en tout, espère tout ». Aujourd’hui, alors que le bateau tangue, que la mer devient furieuse, plus que jamais, nous sommes invités, courageusement, à prendre le chemin du Seigneur.


 

Père Hervé Rabel