Père Rabel le 30 avril 2017

                      3ème dimanche de Pâques ‘A’ - Saint-Jacques - 30 avril 2017

 

 

1) Regarder les déplacements : « Les deux disciples faisaient route »

     Nous sommes au dimanche de Pâques, ces deux hommes quittent Jérusalem, pourtant le lieu même de la Résurrection. Ils sont en train de fuir. Et pourtant, Jésus marche avec eux ; seulement, ils sont tellement préoccupés d’eux-mêmes qu’ils ne le reconnaissent pas. Le pape St Grégoire commentait ainsi cette cécité : ‘Ils voient le Christ au-dehors comme il était au-dedans d’eux’. Désespérés, ils ne peuvent le reconnaître. Ils méconnaissent le Christ, car ils ne croient plus en Lui.

     Et nous, où allons-nous ? Quelle est notre destination ? Le but de notre existence. Emmaüs semble signifier ‘peuple méprisé’ : alors, le Christ ou quelque chose de misérable ? Sur la route de notre vie, sommes-nous tellement préoccupés, obnubilés (et c’est vrai qu’il y a de quoi !) que plus aucun signe nous montre le Christ ? Il est important de marcher, mais en étant attentifs aux signes que le Seigneur met sur notre route.

 

2) A la question du Christ, les deux hommes « s’arrêtèrent ».

     Ils ne marchent plus. Pourquoi ? Parce que la tristesse les submerge, parce que leur espérance a été profondément déçue. Ils ne savent plus où ils en sont. Cependant, dans leur détresse, ils prennent néanmoins le temps d’écouter le Christ, de discerner dans la Parole ce qui concerne le Seigneur, quelle est sa véritable dimension. Finalement, ils acceptent de laisser l’Esprit les bousculer.

     Notre existence est une marche ; cependant, dans une vie super-active, il est bon de faire, de temps en temps, des pauses. On peut appeler ça l’examen de conscience, qui permet de réorienter notre vie, à la lumière de la Parole de Dieu, sous la mouvance de l’Esprit. Les 2 hommes acceptent de sortir de leur enfermement pour entrer en dialogue avec le Christ : « Esprits sans intelligence ! ». Prenons-nous le temps (vie de prière, vie d’oraison) pour laisser le Seigneur nous parler. L’été arrive : avons-nous programmé un temps de retraire, même si c’est seulement un WE, pour faire le point et, au besoin, réorienter notre vie ?

 

3) Après ce dialogue, les deux hommes « approchèrent du village »

     Cela signifie que la Parole de Dieu explicitée par le Christ les a fait se remettre en chemin. « Il entra donc pour rester avec eux » : où entre-t-il ? On ne parle pas d’auberge ! En fait le Christ commence à entrer au plus profond d’eux-mêmes. « Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui et lui avec moi » dit l’Apocalypse. Leur cœur est brûlant et ils sont prêts à faire volte-face, c’est-à-dire à se convertir. C’est pourquoi « ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem », le lieu de la résurrection.

     La foi c’est comme une longue marche ; il ne faut pas faire du sur-place sinon, comme en vélo, on tombe ! Mais nous sommes invités à faire des pauses, de temps en temps, la plus importante est la pause de l’eucharistie, comme on le voit dans l’auberge d’Emmaüs. Mais la messe n’est pas une fin en soi ; elle nous fait entrer dans le dynamisme missionnaire : ‘Allez dans la paix du Christ !’. Les 2 hommes d’Emmaüs disent aux apôtres rassemblés à Jérusalem : « Le Seigneur est réellement ressuscité ». A nous aussi, attentifs aux signes de Dieu, nourris par son pain vivant d’être de vrais disciples – missionnaires.

 

    

 

 Père Rabel