Père Rabel le 29 mai 2016

                                   Saint-Sacrement - Saint-Pierre - 29 mai 2016

 

 

1) Un sommet !

     Après le temps pascal, la fête de la Ste Trinité, nous sommes entrés dans le temps dit ordinaire. Un moment où l’extraordinaire de Dieu nous atteint pas l’eucharistie. Moment où Dieu veut nous étreindre dans ses bras. ‘La plus grande folie de la miséricorde divine’ disait le cardinal Journet. Quelle merveilleuse invention du Christ qui a souhaité ce corps à corps avec Lui. Après toutes ces solennités, nous sommes à la fine pointe du désir de Dieu.

     Dieu nous rejoint aujourd’hui dans cet ‘admirable sacrement’, comme le rappelle la prière d’ouverture. Il ne peut pas être plus proche, puisqu’Il se donne à nous. Puisqu’en disant il y a 2000 ans « Faites cela en mémoire de moi », il veut ces épousailles d’aujourd’hui. Alors, célébrons ce désir de Dieu, pour que le don de Lui-même sur la croix rejoigne chacun, le soutienne dans les combats de sa vie, et anticipe les retrouvailles du Ciel.

 

2) Un sommet… qui répond à une attente forte.

     Dieu sait que notre époque a besoin de l’eucharistie : qui apaise, qui guérit, qui donne la force. Notre pauvre société blessée, fracturée, qui n’a plus rien à proposer de vrai, de grand. On le voit bien, en ces temps si troublés, il y a une recherche de sens, de ‘valeurs’ comme on dit. Eh bien, Dieu ne donne pas de ‘valeurs’, Il se donne en personne ! Oui, nous sommes vraiment « dans un endroit désert » sur lequel « le jour baisse ». Désert de propositions fortes, obscurités des perspectives.

     Qu’attendons-nous pour vivre et proposer ce trésor des trésors ? « Jusqu’à ce qu’Il vienne » souligne St Paul. Qu’attendons-nous pour donner ce trésor de vrai bonheur et d’espérance, pour ce monde triste et désespéré ? Ne nous habituons pas à l’eucharistie ! En ce temps des ordinations, alors qu’un jeune prêtre va nous être donné à la rentrée, réagissons à la beauté du don que Dieu nous fait.

 

3) Un sommet… qui nous donne une responsabilité.

     « Donnez-leur vous-même à manger… faites-les asseoir… Distribuez-les à la foule ». Le Christ a souhaité avoir besoin de nous. Il a fait de chacun un collaborateur. Allons-nous rester les bras ballants ? Il y a urgence de rendre amour pour amour, de diffuser ce trésor de miséricordes. Dans la 1re lecture ? Melkisédek « bénit » Abram, c’est-à-dire lui donne une mission. Nous sommes institués comme missionnaires de l’eucharistie. 300 personnes dans notre paroisse qui se relaient devant le St Sacrement : magnifique. Il en faudrait le double…

     A la fin de l’évangile, « on ramasse les morceaux qui restent » : Partageons ce Corps partagé ! « J’ai moi-même reçu et je vous l’ai transmis » insiste St Paul : n’y a-t-il pas une urgence, dans ce monde qui meurt à petit feu, de proposer, inlassablement, cette Vie en plénitude, cette joie qu’on ne peut garder égoïstement, ce baume qui guérit ? Plus que jamais, cette fête du St sacrement nous envoie comme ouvriers de la Miséricorde.

    

 Père Hervé Rabel