Père Rabel le 29 janvier 2017

               4ème dimanche du temps ordinaire A - Saint-Pierre - 29 janvier 2017

 

1) « Qui nous fera voir le bonheur ? » (Ps 4). Le bonheur se trouve dans l’effort

     Il s’agit pour Jésus, et donc ses disciples, de « gravir la montagne ». Cela demande un effort. Mais il y a ces « Heureux ! » qui ponctuent les Béatitudes. Vous connaissez la traduction de Chouraqui : « Heureux ! » cela signifie : « En avant ! ». Lors des JMJ de 2015, le pape François avait dit aux jeunes : ‘Ayez le courage d’être heureux !’. Et vous vous rappelez aussi ce qu’il disait aux jeunes de Cracovie : «’Ne confondez pas le bonheur avec un canapé !’

     Le bonheur auquel le Christ nous invite est le bonheur du don de soi. En modifiant un peu St Jean, on pourrait dire : « Il n’y a pas de plus grand bonheur que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». Ou encore : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Ac 20). Le Christ a un autre bonheur à proposer que d’être rivé à son smartphone, obnubilé par sa tablette ou avachi dans son divan devant la télévision. ‘Jésus est le Seigneur du risque […] Pour suivre Jésus il faut avoir une dose de courage’ : ce serait bon de relire ce que disait le pape en Pologne…

 

2) Le bonheur se trouve dans la proximité avec Jésus.

     Dans l’évangile, non seulement les disciples « gravissent la montagne », mais « ils s’approchent de Jésus ». S’opère une intimité, surement pas ‘bisounours’, mais cette certitude, pour les disciples, de s’appuyer sur le roc. « Celui qui veut être fier, dit St Paul, qu’il mette sa fierté dans le Seigneur ». C’est toute l’expérience spirituelle de l’apôtre : « Je peux tout en Celui qui me donne la force » écrira-t-il aux Philippiens. Auprès du Christ, comme le prophétise Sophonie, « on pourra paître et se reposer, nul ne viendra nous effrayer ».

     Aujourd’hui, on parle de fracture dans la communauté catholique de France, par rapport à l’identité. Mais, plutôt que de porter la chrétienté en bandoulière, avec le risque de se refermer dans une citadelle, le ‘dernier carré’, il convient de rayonner du Christ. Avoir avec lui cette ‘intimité itinérante’, donc dérangeante, toujours à revérifier, pour vivre du Seigneur et évangéliser. C’est ce que nous demande notre évêque : être des ‘disciples/missionnaires’. Prenons-nous le temps de nous « approcher de Jésus », comme le faisait les disciples, pour nous laisser façonner, refaçonner inlassablement par l’Esprit-Saint ?

 

 

3) Le bonheur, enfin, se trouve dans l’écoute de la Parole

     Les disciples gravissent la montagne, ils s’approchent de Jésus et celui-ci, « ouvrant la bouche, les enseigne ». Et c’est le début de ce qu’on appelle le ‘Sermon sur la montagne’ qui d’ailleurs se termine par « La maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc » (Mt 7). S’approcher de Jésus n’est pas suffisant, il y a le risque d’en rester à une religiosité peu engageante, une piété mièvre. Il faut se laisser décaper la Parole. « Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants » dit l’auteur des Hébreux (He 4).

     On interrogeait récemment le métropolite Hilarion, responsable des relations extérieures du patriarcat de Moscou : évoquant la faiblesse de nos sociétés sécularisées, il disait : ‘Je crois que si nous sommes forts en tant que chrétiens, nous n’avons pas à craindre l’islam ou d’autres menaces’. Devenons forts de la force même du Christ, car nous sommes particulièrement attendus, en ces moments si difficiles. Ayons ce bonheur, le seul qui vaille la peine, de travailler à relever les défis de notre temps. Ne nous dispersons pas dans de l’éphémère, de l’inutile, du ‘divertissement’ : soyons « dans le Christ Jésus » comme nous le demande St Paul, lui qui est Vérité, Chemin et Vie.

 

 Père Hervé Rabel