Père Rabel le 28 août 2016

              22ème dimanche du temps ordinaire ‘C’ - Saint-Pierre - 28 août 2016

 

 

1) Trois ‘déplacements’ dans cet évangile : tout d’abord, la réponse à une invitation

     « Quand quelqu’un t’invite… ». Qui plus à des noces ! Une invitation à des noces : pas n’importe quoi ! Et qui est invité ? « des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ». Invitation toute gratuite de la part de celui qui invite ; il ne choisit nullement, en tout cas, pas les plus intéressants, à vue humaine. Seulement, il y a une condition : il faut percevoir cette invitation : « l’idéal du sage, c’est une oreille qui écoute », souligne la 1re lecture.

     Le premier déplacement, c’est de réaliser que nous sommes invités, et de répondre positivement, quelle que soit notre situation. Nous sommes attendus. Et il s’agit donc pour nous - d’autant plus que nous commençons une nouvelle année – de nous en émerveiller. De nous réjouir d’être invités, attendus, gratuitement, pas pour nos mérites, mais parce que le maître des noces souhaites nous avoir comme convive. « Heureux les invités repas du Seigneur, au festin des noces de l’Agneau », entendrons-nous tout à l’heure !

 

2) Le 2ème déplacement, c’est « quand tu es invité, va te mettre à la dernière place ».

     Rappelons-nous l’abbé Huvelin qui a permis la conversion de Charles de Foucauld : « Jésus a tellement pris la dernière place que jamais personne n’a pu la lui ravir ». Et Foucauld n’aura de cesse de rechercher cette dernière place. C’est tout le paradoxe de notre foi, que Jean-Paul II rappelait, il y a bien longtemps, à des JMJ : « N’êtes-vous pas venus pour vous convaincre définitivement qu’être grand’ veut dire ‘servir’ ? ». « Celui qui veut être grand parmi vous, qu’il se fasse votre serviteur ».

     Se mettre à la dernière place - et ce déplacement n’est pas facile ! - c’est désirer être proche de Jésus, entrer dans son intimité. Parce qu’on ne peut le trouver que là. « Vous êtes venus vers Jésus » rappelle l’auteur des Hébreux… Ce qui nous est demandé, c’est de le vouloir, ce déplacement. Il nous faut faire un acte de volonté. Rappelons-nous Ste Thérèse de Lisieux et sa ‘petite voie’. Qu’écrivait-elle à sa prieure ? « « Je veux chercher le moyen d’aller au Ciel par une petite voie […]. Il faut que je reste petite ». Demandons au Seigneur ce courage, cette volonté d’aller vers Lui.

 

3) Enfin, le 3ème déplacement, c’est la réponse à une 2ème invitation : « Mon ami, avance plus haut ».

     Il y a une progression : il y a eu une 1re invitation, et voici la seconde. Elle est plus pressante. « Mon ami » : « désormais, disait Jésus, je ne vous appelle plus serviteur, je vous appelle mes amis ». Et cet appel à Pierre : « Avance au large, en eau profonde : duc in altum ». C’est, bien entendu, tout le mystère pascal qui est ici évoqué : « Lui qui, de riche, s’est fait pauvre, pour nous enrichir de sa pauvreté »…

     Et si le 1er déplacement - répondre à l’invitation – nous rend heureux, nous émerveille, ce 3ème déplacement, il a comme conséquence de rendre heureux Celui qui invite. « Heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner… ». Comme le Christ a fait la joie du Père, nous avons à faire la joie de notre Dieu, rendre heureux Celui qui nous invite. Nous avons à devenir, à chaque messe, en union avec l’offrande parfaite du Fils, cette offrande agréable, pour la Joie et la gloire du Père.


  Père Hervé Rabel