Père Rabel le 26 mars 2017

                     4ème dimanche de carême ‘A’ - Saint-Jacques - 26 mars 2017

 

1) Trois paroles de cet aveugle qui rythment l’évangile : « c’est bien moi ! »

     Un aveugle, en ce temps, c’est une personne rejetée, ignorée, montrée du doigt. Il est considéré comme pécheur, ou encore ses parents. Pour le Christ, c’est bien autre chose : c’est un homme empêché de contempler les merveilles de la création et ainsi de rendre grâce. En particulier, c’est un homme qui ne peut réaliser la merveille qu’il est, puisqu’il est mis à l’écart. Obéissant à l’ordre du Seigneur « Va te laver », il retrouve sa dignité perdue, sa stature d’homme, de personne unique aux yeux de Dieu, aimé tout particulièrement : « C’est bien moi ».

     4ème dimanche de carême, appelé ‘dimanche de la joie’. Bien sûr parce que l’on approche de Pâques. Mais aussi joie de savoir unique, aimé tel que l’on est par le Seigneur, justement parce qu’on est unique. Car l’étape essentielle, c’est bien de s’aimer soi-même. Car si l’on ne s’aime par, comment aimer les autres ? « Tu aimeras ton prochain… comme toi-même ». C’est bien le 1er travail que la grâce fait en nous et ce carême doit nous aider à nous reconnaître aimé, unique, avec nos talents…

 

2) « C’est un prophète »

     Jésus a disparu, apparemment. Et l’homme est confronté aux questionnements, aux attaques, aux suspicions… « Et toi, que dis-tu de lui ? ». Il devient signe de contradiction, s’étant affirmé et il ose répliquer aux pharisiens. C’est vrai que, pour le moment, c’est encore bien flou dans son esprit : « un prophète »… Il est encore loin d’avoir découvert le Christ, mais il est sur le bon chemin.

     « Et toi, que dis-tu de lui ? » c’est la question qui nous est posée, sur ce chemin de carême. Moi, avec toute ma spécificité, ma personnalité, mes talents, mes engagements. A travers les attaques contre notre foi, qui grandissement, n’y a-t-il pas quand même une interrogation, latente, chez nos contemporains ? ‘Pourquoi, finalement, croyez-vous ? Pourquoi êtes- vous disciples du Christ ?’. En ce 4ème dimanche de crème, où en sommes-nous de notre témoignage de foi ? Sommes-nous rayonnants de cette joie de croire sur laquelle ce 4ème dimanche insiste ?

 

3) « Je crois, Seigneur ! »

     Cet aveugle est jeté dehors, rejeté, mis u banc des accusés. Par ce fait même, il imite son Seigneur qui lui aussi, va être ‘jeté dehors’, hors de Jérusalem, et mis au dernier rang. Mais c’est justement là, qu’il va pouvoir rencontrer le Christ en vérité. C’est à ce moment que le Christ peut reprendre l’initiative, lui qui s’était apparemment éloigné.

     Pour nous, c’est bien le combat de la vérité, le combat de la foi, qui nous sont proposés. La joie de ce 4ème dimanche n’est pas celle – ce petit bonheur éphémère – que nous propose la société. C’est la joie de se savoir aimé par Dieu et reconnaître le Christ comme Sauveur. Et c’est justement à travers nos épreuves, qui doivent augmenter notre désir de cette rencontre. Cet aveugle-né aura encore certainement à approfondir sa relation à Dieu, mais il a fait le chemin essentiel. Pour nous, en ce 4ème dimanche, est-ce que les épreuves (cette société blessée, cette vie politique devenue folle, ces attaques incessantes) ne sont pas une incitation à faire croitre notre désir du Christ ? Un appel à « se prosterner devant lui », mais pour l’annoncer avec une assurance renouvelée.

     

 Père Hervé Rabel