Père Rabel le 25 septembre 2016

           26ème dimanche du temps ordinaire ‘C’ - Saint-Pierre - 25 septembre 2016

 

1) Le pauvre est devant le portail du riche

     Pas à l’écart, dans un endroit reculé. Mais devant le portail, tout le monde le voit. Le riche est obligé de l’enjamber pour entrer chez lui. Ce n’est donc par une critique de la richesse, mais bien celle de l’indifférence. L’homme riche est complètement insensible à la misère de Lazare, qu’il ignore superbement. Si, il le voit, mais un peu tard, puisque l’évangile nous dit : « il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui ».

     Pas une critique de la richesse mais une indication pour nous montrer quelle est la vraie richesse : l’attention à l’autre, au prochain. Finalement, ce riche est encore moins attentif que le chien qui, charitablement, vient lécher les blessures du pauvre. Que nous dit Jésus : pour ‘voir’, il faut écouter : « S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes… ». L’écoute de la Parole doit ouvrir nos yeux sur ceux ui nous entourent.

 

2) Le riche a 5 frères

     Et il souhaite que Lazare aille les prévenir. C’est un trait de charité de la part de ce riche : il n’est donc pas en enfer, comme on pourrait le croire car, en enfer, il n’y a pas une once de charité. Cette histoire ne porte donc pas sur ce qu’on appelle ‘les fins dernières’ : le ciel, l’enfer… Elle est vraiment axée sur l’importance de cette vie ici-bas, où la charité peut - ou non - s’exercer.

     La distance qui existait entre le pauvre et le riche, devant le portail de la maison, s’est transformée en « grand abime ». Ce riche voit « Abraham et Lazare de loin ». Or Dieu veut nous voir tous rassemblés dans la charité, au Ciel, pour sa gloire. Et le Christ est venu tout ‘récapituler’ en Lui. Ce riche, malheureusement, va à l’encontre du projet le plus cher de Dieu. De la foi, l’espérance et la charité c’est cette dernière qui est la vertu la plus forte, car c’est le Ciel même. C’est pourquoi nous avons à l’exercer dès ici-bas. Encore faut-il écouter… pour voir !

 

3) Le pauvre a un nom

     Le riche, lui, n’est pas nommé. Or c’est le nom qui nous différencie, et sert à la relation. Le riche n’a pas de nom, car inapte à la relation, enfermé sur lui-même, autosuffisant. Le pauvre se nomme Lazare, qui signifie ‘Dieu a secouru’. Le pauvre a besoin de Dieu, il est en relation avec Lui.

     Mais pourquoi Abraham ? Pourquoi ne dit-on pas que Lazare est dans le sein de Dieu. Mais parce qu’Abraham renvoie à un Dieu en relation : c’est le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Un Dieu qui est relation en lui-même et qui veut entrer en relation avec nous. Encore fait-il que nous acceptions, nous-mêmes, d’entrer en relation. Occupé à « faire des festins somptueux », ce riche n’a pas écouté la Parole, il n’a pas vu Lazare devant son portail. La relation avec Dieu n’existe pas… pour son malheur. En cette année de la Miséricorde, demandons à Dieu d’être des écoutants de Sa Parole, le Christ, pour avoir un regard de miséricorde sur ceux qui nous entourent.

 Père Hervé Rabel