Père Rabel le 22 janvier 2017

               3ème dimanche du temps ordinaire ‘A’ - Saint-Pierre - 22 janvier 2017

 

1) Trois lieux géographiques : tout d’abord Capharnaüm

     Le nom de cette petite bourgade signifie ‘Consolation’ : ce n’est pas par hasard que Jésus va en faire le centre de son ministère en Galilée. Début du Second Isaïe : « Consolez, consolez mon peuple », ce qui s’accomplit avec Jésus. Pour cela, le Christ opère un déplacement : de Nazareth vers la Galilée. Mais, plus profondément, il quitte le Père, pour venir jusqu’à nous, nous consoler. Et il ne vient pas n’importe où : il arrive pour consoler un pays qui était « couvert de honte », un peuple qui « marchait dans les ténèbres », comme le proclame Isaïe.

     Et aujourd’hui ? Comme ce texte est d’actualité ! Notre pays n’est-il pas couvert de honte ? Le peuple ne marche-t-il pas dans les ténèbres ? Chacun peut illustrer cette honte et ces ténèbres, c’est malheureusement facile ! Ils nous envahissent. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que le Christ ne vient pas pour juger (cela se fera à la fin des temps, lors de sa venue ‘dans la gloire’) il vient pour sauver, pour consoler. « Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée » rappelle St Mattieu. Le Christ ne condamne pas, mais il proclame « convertissez-vous ! ». C’est-à-dire : vous valez tellement plus aux yeux du Père que ce que vous faites !

 

2) Le 2ème lieu, c’est « le long de la mer de Galilée »

     En St Marc et St Luc, c’est la même chose : les 1ers disciples sont appelés ‘au bord du lac’ : pourquoi cet apparent détail ? « Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit 2 frères… ». La mer, l’eau, pour les juifs, c’est le domaine du mal, du péché, de l’effrayant. Cela veut dire que Jésus ne vient pas seulement consoler, comme de l’extérieur, mais il vient tangenter le péché, « se faire péché », dira St Paul : bref, plonger dans notre détresse, la partager, pour nous en tirer. Et c’est l’Eglise qui naît, avec l’appel de ces 2 frères, puis des 2 autres. L’Eglise, ces hommes et ces femmes, non seulement consolés, mais extirpés du péché, parce qu’ayant répondu à l’appel.

     « Moi, j’appartiens au Christ » pourra dire St Paul : parce qu’ayant entendu le « Venez à ma suite », on laisse nos filets et on le suit. Le chrétien, c’est celui qui se reconnaît pécheur, certes, mais pécheur consolé, relevé. Et St Paul pourra dire aux chrétiens de Salonique : « Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres […] en effet, vous êtes tous fils de la lumière ». Dans ce monde où les ténèbres semblent avancer, inexorablement, il y a là un appel pressant à vivre de la lumière qui s’est levé, à vivre plus pleinement du Christ. A être véritablement des disciples.

 

3) Le 3ème lieu, c’est toute la Galilée

     Ayant appelé les 4 premiers disciples, Jésus « parcourait toute la Galilée ». Il a commencé à constituer son Eglise et, avec elle, va parcourir ce pays peu recommandable aux yeux des vrais juifs, ceux qui se croient impeccables. C’est la « Galilée des nations », ce pays interlope, aux mœurs à moitié idolâtres, pour les puristes. Et là, il enseigne et guérit. Il commence à briser le joug qui pesait, la barre qui meurtrissait, il brise le bâton du tyran…

     En écho - et cela nous concerne directement - St Paul pourra écrire, quelques années plus tard : « Le Christ m’a envoyé pour annoncer l’évangile ». Votre rôle de laïc n’est pas de baptiser, mais bien d’annoncer cette Lumière qu’est le Christ. Montrer à nos contemporains que seul le Christ, qui est la Vérité, peut les délivrer des esclavages qui s’accumulent, de leur montrer le chemin de la vraie liberté, parce qu’Il est ce chemin, de les délivrer de cette culture de mort qui progresse, parce qu’Il est la Vie. Le Christ est venu pour tous, mais s’il a choisit de faire naître Son Eglise, c’est bien parce qu’il compte sur nous pour poursuivre, aujourd’hui, son œuvre de vie et de libération. Nous n’avons pas à être seulement disciples, mais des disciples/missionnaires de la Consolation.

 

Père Hervé Rabel