Père Rabel le 21 août 2016

               21ème dimanche du temps ordinaire ‘C’ - Saint-Pierre - 21 août 2016

 

 

1) Expliciter 3 expressions de cet évangile : « il faisait route vers Jérusalem »

     Un peu avant, à la fin du chapitre 9, St Luc écrit : « Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem », c’est-à-dire prit avec courage le chemin vers la croix. Avec courage. En ces moments que nous vivons, nous sommes appelés au courage, à la suite de Jésus. En nous rappelant peut-être la 8ème béatitude : « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice ». Et peut-être, en citant quelqu’un qui n’est certes pas Père de l’Eglise : ‘Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur’. D’ailleurs, dimanche dernier, il y avait quand même cette parole : « Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché »

     Nous sommes appelés aujourd’hui à être des résistants. Le pape l’a rappelé magistralement aux JMJ : « Ne confondons pas le bonheur avec un canapé… Jésus n’est pas le Seigneur du confort, de la sécurité et de la commodité. Pour suivre Jésus, il faut avoir du courage »… Ne comprenons-nous pas qu’aujourd’hui, nous vivons un tournant ? Et que rien ne sera plus comme avant ! Que cette messe nous mettre vraiment sous la croix du Seigneur, pour avoir part à sa résurrection !

 

2) « Entrez par la porte étroite ».

     Rappelons-nous la parabole des jeunes filles invités à des noces : c’est la même leçon. « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous » criaient les insouciantes. Cette porte étroite, c’est le Christ qui a dit « Je suis la porte ». Etroite parce, comme le dira St Pierre, « aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver ». Cette huile, qui manquait aux insouciantes, c’est ce désir de Dieu, qu’il n’est bien sûr pas possible de partager.

     Entrer par la porte étroite, cela signifie, aujourd’hui plus que jamais, avoir « les yeux fixés sur Jésus », comme nous le rappelait aussi l’Epitre aux Hébreux la semaine passée. Non pas le Christ comme nous donnant des ‘valeurs’, mais comme seul Sauveur de ce monde si abimé. Nous sommes bien sûr invités à l’espérance, mais aussi à un sursaut dans notre foi, nous, catholiques de France et cette fête de l’Assomption, que nous venons de célébrer, doit nous relancer dans notre mission de redonner une âme à notre pays. Que cette messe nous assimile vraiment au Christ, qu’elle nous relance dans notre désir d’être tout à Lui !

 

3) « Si vous, du dehors… »

     Rappelons-nous cet autre passage de l’évangile : « Ta mère et tes frères sont là, dehors, qui cherchent à te parler ». Et, en écho, St Augustin : ‘Et voici que tu étais au-dedans et moi au-dehors et c’est là que je te cherchais […]. Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi !’. Que signifie cette expression « Etre du dehors » : tout simplement, regarder les choses en spectateur, ne pas accepter d’être pleinement assimilé au Christ. Bref, ne pas vouloir vivre de notre baptême.

     Il n’est plus possible d’être des spectateurs, critiques, ou peureux, ou insouciants. En reprenant Isaïe, nous avons à être ces « rescapés » qui « annoncent la gloire de Dieu à toutes les nations ». Dieu nous a fait cet honneur d’être chrétiens. Ne soyons pas, comme dirait le pape, des chrétiens de canapé. Accompagnons le Christ sur ce chemin vers Jérusalem, vers la croix certes, mais aussi et surtout vers la résurrection. Au fait, à la rentrée, quel engagement aurez vous, quel engagement allez vous prendre ? Que cette messe nous éclaire sur les choix que le Seigneur nous demande de faire !

    

Père Hervé Rabel