Père Rabel le 2 octobre 2016

         27ème dimanche du temps ordinaire ‘C’ - St Pierre/St Jacques - 02.10.2016

 

 

1) La foi, c’est d’abord recevoir un don gratuit.

     « Ravive le don gratuit de Dieu » (2 Tim.). La foi n’est pas une possession mais l’accueil de ce don de Dieu, qui nous est offert au baptême. Il ne s’agit pas d’’ avoir’ ou non la foi, mais de croire, d’avoir cette attitude dynamique de confiance envers le donateur. ‘J’ai perdu la foi’, expression qui n’a pas de sens, puisque croire est une relation.

     Seulement, comme pour toute relation, croire n’est pas de tout repos, c’est un combat permanent. St Paul nous prévient : « N’aie pas honte de rendre témoignage… ». Il s’agit bien de ‘raviver’ ce don. Comment, si ce n’est en exerçant les 5 dimensions de la vie d’un disciple : prière, vie fraternelle, formation, service et annonce. Tout cela s’enracinant dans une vie d’intimité avec le Christ.

 

2) C’est ensuite un dépôt à garder.

     « Garde le dépôt de la foi dans toute sa beauté ». Car nous ne sommes pas ‘propriétaires’ de la foi, mais simple dépositaire de cette dimension qui seule fait la beauté de l’homme. Et comment garder ce dépôt, si ce n’est en écoutant Habacuc : « Le juste vivra par sa fidélité ». Juste avant la Passion, Jésus prévient ses disciples : « C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie » (Lc 21,19). « Combien de temps, Seigneur, vais-je appeler ? » demande Habacuc : cette persévérance peut passer par la nuit de la foi…

     C’est pourquoi St Paul avertit : « Prends ta part de souffrance ». Le temps est passé, où l’on pouvait vivre tranquillement sa foi, dans une société globalement chrétienne. Le P. Hamel en sait quelque chose, de même nos frères d’Orient et de bien d’autres pays. Le temps est donc venu de montrer que seul la dimension spirituelle, et chrétienne, donne toute sa beauté à l’homme, en mettant en lui l’espérance de la vie éternelle.

 

3) C’est enfin un devoir à assumer

     « Nous n’avons fait que notre devoir » constatent ceux qui ont obéi au Christ. Et tout spécialement notre devoir de service. Récemment, le pape disait : ‘L’Europe, oui, a des racines chrétiennes. Le christianisme a le devoir de les arroser, mais dans l’esprit de service comme pour le Lavement des pieds’. Nous avons à être de « simples serviteurs », mais pas des serviteurs « inutiles » ! Bien au contraire, collaborateurs du Christ, nous avons à prendre notre part à rédemption de ce monde si blessé.

     On ne reviendra pas sur l’état de notre société qui, comme le rappelait Benoît XVI, est une société qui apostasie, qui renie ce qui a fait sa grandeur. Le combat à mener est d’abord spirituel et il nous concerne d’abord nous : raviver ce don de la foi, pour en être le témoin actif et émerveillé. Pour que Dieu reprenne toute sa place dans le vide de notre société, ce vide qui est aujourd’hui envahi par tant d’idoles, tant de violence, de faux-dieux. « Adorons le Seigneur qui nous a faits » dit le psaume : soyons de vrais adorateurs, en esprit et vérité, pour tourner le monde vers son Créateur et son Sauveur.

    

Père Hervé Rabel