Père Rabel le 1er mai 2016

                           6ème dimanche de Pâques - Saint-Pierre - 1er mai 2016

 

 

1) Un appel

     « Si quelqu’un m’aime… » : appel lancinant, presque angoissé du Seigneur: « Si vous m’aimiez ». Cela annonce le « Pierre, m’aimes-tu ? » d’après la résurrection. Finalement, nous ne sommes pas des croyants, nous sommes appelés à être des amoureux. C’est l’unique registre où notre Dieu souhaite nous rencontrer.

     Parce que l’amour ne s’impose pas, parce que la ‘toute puissance’ de Dieu s’arrête à ce niveau. Ce n’est qu’une toute puissance d’amour, qui, inlassablement, lance un cri, nous appelle ; appel aujourd’hui relayé par l’Esprit-saint qui « nous fait souvenir » de ces appels de Dieu. C’est pourquoi la 1re attitude de l’amoureux est de faire silence, pour être à l’écoute. Pour laisser résonner au plus profond de soi cette petite voix intérieure : « m’aimes-tu ? ».

 

2) Une réponse

     C’est Dieu qui a l’initiative, et cela depuis l’origine : « Adam, où es-tu ? ». Et c’est bien pourquoi, librement, il s’est fait homme, masculin, parce que culturellement, et même physiologiquement, c’est l’homme qui a l’initiative, la femme étant du côté de l’accueil. Et c’est bien pourquoi le Christ, homme, s’est présenté comme l’Epoux.

     Et c’est à l’Eglise, l’épousée, de répondre. Et c’est à chacun de nous d’être la réponse vivante à cet appel anxieux. Comme l’écrit Maurice Zundel, il s’agit de ‘fermer l’anneau d’or des fiançailles éternelles’, en attendant les épousailles du Ciel. Il s’agit d’imiter Barnabé et Paul « qui ont fait don de leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus-Christ ». Dieu comme amoureux transi attendant anxieusement notre réponse. Or, que de réponses timides ! « Voici ce cœur qui a tant aimé les hommes et qui n’a reçu qu’indifférence, froideur et mépris » dira le Christ à Ste Marguerite-Marie…

 

3) Une conséquence

     Et pourtant, Jésus nous l’assure, les conséquences de notre réponse empressée, ce sont la paix et la joie. « Je vous donne ma paix… vous seriez dans la joie ». « Que votre cœur ne soit pas bouleversé et effrayé ». Merveilleux cadeau, d’abord pour nous-mêmes, mais aussi à faire pour ce monde de violence, pour cette société dépressive. ‘Je croirais en leur Dieu s’ils avaient l’air un peu plus sauvés’ avait dit Nietzsche ! N’y a-t-il pas là un vrai défi… ?

     Nous commençons le mois de mai, traditionnellement consacré à la Ste Vierge. Tournons-nous vers elle pour unir notre réponse à son ‘oui’. Demandons-lui son aide pour être un vrai artisan de paix, autour de nous, dans nos familles, dans notre manière de nous exprimer. Demandons-lui de rayonner de cette joie paisible de se savoir aimé et appelés à partager la vie même du ressuscité.

 

Père Hervé Rabel