Père Rabel le 18 septembre 2016

           25ème dimanche du temps ordinaire ‘C’ - Saint-Pierre - 18 septembre 2016

 

 

1) Trois leçons à retenir : tout d’abord être habile

     Habile comme ce gérant. Qu’il soit malhonnête n’est pas la question, la ‘pointe’ de la parabole ne porte pas sur cela. Ce qui est loué par le Christ, c’est que cet homme ait su faire preuve d’inventivité face à une situation nouvelle, tout à fait imprévue

     Nous sommes aujourd’hui devant une situation qui n’est peut être pas nouvelle mais qui, maintenant se présente très clairement. Nos vieux pays européens ayant renié leurs racines, occulté toute transcendance, interdit toute transmission, n’ont plus à proposer que des valeurs abstraites, qui rend notre corps social malade. Et qui incite tant de personnes fragilisées à chercher ailleurs des raisons de vivre. Rien ne sera plus comme avant, il faut nous en convaincre. Et mesurer alors notre responsabilité de catholiques. Annoncer l’évangile, avec habileté, inventivité, n’a jamais été aussi vital.

 

2) La 2ème leçon à retenir, c’est être digne de confiance

     Jésus évoque cette « grande chose, le bien véritable » : qu’est-ce à dire si ce n’est la vie éternelle, et cette dignité de chaque homme appelé à partager la vie même de Dieu. « Ce qui nous revient », précise Jésus. Il est temps de nous souvenir que nous ne sommes pas faits pour la petitesse, mais pour la grandeur, la magnanimité. Nous avons à être dignes de cette confiance que Dieu nous fait, pour reconstruire ce monde si abimé.

     Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés » écrit St Paul, et que, sur cette terre, nous puissions vivre « dans la tranquillité et le calme ». En mai dernier, le pape évoquait les racines chrétiennes de l’Europe et il précisait :’Le christianisme a le devoir de les arroser, mais dans un esprit de service, comme pour le lavement des pieds’. Dieu nous fait confiance, pour que nous rendions service à la société toute entière. Car c’est bien cette mission de service qui fait la grandeur de l’homme.

 

3) La 3ème leçon, c’est de savoir choisir.

     On ne peut servir deux maîtres. « Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et l’argent ». A son retour des JMJ, le pape disait : ‘Quand au centre de l’économie mondiale il y a le dieu argent et non la personne – l’homme et la femme – c’est déjà le 1er terrorisme’. Ne nous trompons pas de terrorisme ! En évacuant les racines, la transcendance, la transmission, les ‘pierres d’angles’ dirait Chantal Delsol, c’est le Marché qui devient le seul dieu, ne rencontrant plus aucun frein. Et les hommes sont réduits à n’être plus que des individus consommateurs.

     A travers les circonstances dramatiques que nous vivons, ne soyons pas des spectateurs, voire des jouisseurs, mais travaillons au service de la Cité (regardez ce qui se fait avec le parcours Zachée), là où nous sommes, là où nous exerçons des responsabilités, avec nos talents et notre liberté de chrétiens. Nous avons à choisir : revitaliser le corps social et la chose publique dans tous les domaines : travail, éducation, famille, culture, action sociale. L’enjeu aujourd’hui est culturel et spirituel. Il n’est plus possible de rester les bras croisés !

 

Père Hervé Rabel