Père Rabel le 17 avril 2016

                      4ème dimanche de Pâques ‘C’ - Saint-Pierre - 17 avril 2015

 

 

1) Trois verbes dans cet évangile : Ecouter

     Nous sommes dans le chapitre 10 de St Jean, celui du ‘Bon pasteur’, avec de nombreuses références à ce verbe : « Les brebis écoutent sa voix […] Elles écouteront ma voix ». En même temps, il s’agit de brebis, et non de personnes isolées : cette écoute se fait dans un groupe. C’est un rappel que l’Eglise est bien la caisse de résonnance pour l’écoute. Dans le passage des Actes, il est d’ailleurs spécifié : que « toute la ville se rassembla pour entendre la voix du Seigneur ».

     Nous sommes le dimanche de prière pour les vocations. Une vocation, c’est une réponse à un appel, cela demande donc d’écouter… Or aujourd’hui, il y a tellement de parasites sur la longueur d’onde du Seigneur ! Comment se ménager un temps pour cette écoute : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute… ». Comment permettre aux jeunes de prendre ce temps ? Si nous voulons des vocations, prenons les moyens. L’adoration continue n’en est-elle pas un ? Faire silence… pour écouter, pour permettre à la voix de retentir en nous.

 

2) Deuxième verbe : suivre

     « Moi je les connais, elles me suivent ». Dans ce même chapitre 10, « elles connaissent sa voix » et, plus loin, « je connais mes brebis ». Connaître c’est ‘naître avec’. Avec également cet accent biblique de nuptialité. Il s’agit donc de suivre, pour naître avec, pour participer aux noces de l’Agneau. Dans ce passage de l’Apocalypse, on note bien que la foule est « vêtue de robes blanches », cette robe des épousailles avec Dieu…

     Dimanche de prière pour les vocations. Non seulement savoir écouter, mais tenir bon dans la réponse à l’appel. Accepter de suivre le chemin tracé par le berger. Or aujourd’hui, c’est bien difficile de tenir un engagement. On veut bien être en CDD, mais pas en CDI ! On n’ose plus s’engager dans le mariage : des couples qui se disent chrétiens se pacsent… Et les vocations de consacrés sont bien fragiles… « Ceux-là viennent de la grande épreuve » dit l’Apocalypse : aujourd’hui, cette ‘grande épreuve’ n’est-elle pas tenir bon dans cette invitation à ‘suivre’ le Seigneur ? Et de donner aux plus jeunes cet exemple de persévérance ?

 

3) Enfin, troisième verbe : donner

     « Je leur donne la vie éternelle ». On retrouve cette expression dans d’autres parties de ce même chapitre : « Je donne ma vie pour mes brebis » et, au chapitre 17, Jésus dit à son Père : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent ». Si on écoute, si on a le courage de suivre, Jésus va nous tenir fermement dans sa main et nous donnera de connaître le Père. Parce que, rappellent les Actes « nous sommes destinés à la vie éternelle ».

     Dimanche de prière pour les vocations. Le Christ appelle pour qu’on entre dans l’intimité du Père. Car c’est bien le Père qui est à l’origine, Il nous a donnés au Fils pour qu’avec le Fils nous retournions vers Lui. Toute vocation a comme objectif la vie éternelle, connaître le Père : la vocation baptismale, la vocation au mariage, si complémentaire de celle des consacrés. Dans les Actes, les païens « rendaient gloire à Dieu ». C’est bien cela, la vie éternelle. Ce dimanche nous rappelle que nous sommes destinés au Ciel, au partage de la gloire du Christ et que les vocations de consacrés sont là pour signifier que le Ciel est bien notre patrie définitive.

 

Père Hervé Rabel