Père Rabel le 16 avril 2017

                                                 Pâques 2017 - Saint-Jacques

 

1) Le Christ est ressuscité : finalement, qu’est-ce que ça change pour moi ?

     « Il vit et il cru » : très bien pour St Jean, cet « autre disciple ». Mais nous, qui ne voyons rien ! Alors, il nous faut remarquer que l’on court beaucoup dans cet évangile : Marie-Madeleine qui court trouver Pierre, celui-ci et l’autre disciple qui courent. Il y a là un dynamisme, un élan, un objectif à atteindre, un avenir qui s’ouvre. Regardons alors les lourdeurs de notre société, bloquée, ankylosée ; voyons cette vie politique qui semble n’avoir plus aucun sens, la fracture sociale qui s’agrandit.

     Or dans cet évangile, il y a un sens qui est donné : on court vers le tombeau… que l’on découvre vide. Et c’est l’acte de foi. Le Christ ressuscité, c’est un appel à se ‘bouger’, à ne pas désespérer, à donner une direction à notre existence, à entrer dans le dynamisme du royaume. A sortir de tous nos enfermements, de nos peurs, de notre morosité, de toutes nos déceptions. Le Christ est ressuscité : nous allons à sa rencontre, avec ce désir profond, qui animait Marie-Madeleine et les deux disciples.

 

2) Qu’est-ce que cela change, dans ma relation aux autres ?

     « Là où Jésus passait, il faisait le bien » », ainsi St Pierre résume le ministère public du Seigneur. Or, aujourd’hui, qu’est-ce qui semble prévaloir ? Une extrême violence, ici et dans le monde : après les victimes de Londres, de Stockholm, ce sont les 45 martyrs d’Egypte. Et il y a également toutes ces insécurités, cette petite violence au quotidien, cette grande violence envers les plus faibles : de l’embryon à la personne en fin de vie, dont on souhaite se débarrasser… Bref, le mal semble l’emporter.

     Le Christ ressuscité, c’est ce tombeau qui n’a pas le dernier mot, la mort qui n’est pas vainqueur. C’est cette victoire sur toutes violences, toutes morts. Mais c’est, bien sûr, un appel pour chacun à ne pas alimenter le fleuve de haine, à travailler au bien commun sans ressentiment. D’où la grande responsabilité que nous avons, dans les choix politiques à venir. «’Les fidèles laïcs ne peuvent absolument pas renoncer à la participation à la ‘politique’’, disait le Concile Vatican II… Si, à la fin de notre vie, on peut dire de nous : ‘cet homme, il est passé en faisant le bien’, alors, cette vie aura pris une dimension, une plénitude, alors, nous aurons un peu contribué à ce qu’a commencé sur terre le Seigneur.

 

3) Enfin, qu’est-ce que ça change, par rapport à Dieu ?

     « Recherchez les réalités d’en haut », demande St Paul aux habitants de Colosse. Et il nous révèle le projet de Dieu sur chacun de nous : « Vous aussi, vous paraîtrez avec le Christ dans la gloire ». Aujourd’hui, c’est le divertissement qui prévaut, entre le sexe, la drogue, la tablette et le smartphone… Notre société est déprimée, les fameuses ‘valeurs de la République’ déconsidérées. Un manque total d’idéaux, qui pousse certains à partir pour le djihad. Bref, des « brebis sans berger », comme le constatait Jésus devant les foules.

     Nous avons à témoigner que la vie, loin d’être vide, a un sens, une direction : que chacun de nous a été créé, racheté, pour ajouter au poids de gloire de notre Créateur. Et donc que le plus faible a toute sa place dans le cœur de Dieu. Nous sommes faits pour le Ciel et cette vie doit nous y préparer. Et donc chaque vie est précieuse, unique, utile, indispensable à cette gloire. Le Christ ressuscité nous y a précédés, entrons dans ce dynamisme de la résurrection et permettons à nos contemporains d’y trouver leurs raisons de vivre et d’espérer !

    

Père Hervé Rabel