Père Rabel le 14 mai 2017

               5ème dimanche de Pâques ‘A’ - St Pierre / St Jacques - 14 mai 2017

 

1) Une question de Thomas : « Comment savoir le chemin ? »

     Un évangile très souvent pris pour des obsèques : parce que ça reflète la perplexité, vois l’angoisse des familles. Où allons-nous ? Quel sens a notre vie ? « Que votre cœur ne soit pas bouleversé » dit Jésus. Et pourtant, il y a de quoi ! Bien sûr, la mort, mais aussi la souffrance. Toutes ces souffrances, maladies, chômage, séparations… Et cette vie politique bien déroutante. Et puis toutes ces menaces sur l’homme, sur la nature… « Nous ne savons même pas où tu vas »… : angoisse de Thomas.

     « Bien-aimés, approchez-vous du Seigneur Jésus » écrit St Pierre. Et on voit bien que, dans l’Evangile, il nous appelle : « croyez aussi en moi ». Il a ce désir que nous allions vers lui. Mais c’est un chemin : il ne faut pas se décourager, même s’il est bien long, même s’il y a des routes qui paraissent meilleures, mais qui se révèlent être des impasses. Et sur ce chemin, l’Eglise est là pour poser des panneaux indicateurs : la Parole, les sacrements, la Tradition… Si on garde ce bon cap, on peut être bouleversé, mais pas découragé, encore moins désespéré. « Terrassés, mais non anéantis » écrivait St Paul (2 Co 4,9). Simplement, comme le dit le psaume, il faut « craindre » le Seigneur : c’est-à-dire répondre à son appel avec un cœur renouvelé.

 

2) Une demande de Philippe : « Montre-nous le Père »

     Qui donc est Dieu ? Cette divinité toute puissance que nous inventons ? Cet être si lointain qui, finalement, ne nous intéresse guère ? Et puis, cette absence, ce silence… Dieu n’est pas au bout de nos recherches, il vient à nous, il se révèle à nous. Mais d’une manière si paradoxale, que bien souvent nous passons à côté de lui. « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas ! ». Cette tristesse du Christ ne n’être pas aimé ! ‘L’amour n’est pas aimé’ se serait écrié St François.

     Pourquoi tant de nos contemporains se détournent de Dieu ? Pourquoi tant d’indifférence ? Pourquoi cette désaffection des sacrements ? Cet effondrement… « Celui qui m’a vu a vu le Père » dit Jésus. Dieu l’inconnaissable qui montre son visage avec Jésus et qui sollicite notre réponse d’amour. Non pas Dieu tout puissant, mais Dieu tout désir de nous rencontrer, bien plus, de nous épouser. « Je vais t’emmener avec moi » dit Jésus. Je me suis fait l’un de vous pour pouvoir vous prendre par la main, la tenir solidement, pour que vous puissiez affronter la vie, son lot de souffrance, et même ce passage de la mort.

 

3) Une affirmation de Jésus : « Vous ferez de plus grandes œuvres que moi »

     Quelle marque de confiance ! Dieu qui nous confie sa création, ses créatures, et surtout les plus faibles d’entre elles. Chacun est « une pierre vivante, un sacerdoce royal ». Dieu qui semble se retirer, pour nous laisser toute la place. C’est vrai qu’avec Jésus, tout est fait : c’est lui la « pierre angulaire ». Mais, comme il le disait, « il est bon que je m’en aille », pour nous laisser continuer son œuvre de reconstruction, dans le temps et l’espace. Tout est réalisé en Jésus, mais nous avons, génération après génération, à désenvelopper ce trésor, cette puissance de résurrection : en 2017, à Neuilly, ce n’est pas Jésus, c’est nous qui, sous la mouvance de l’Esprit, devons agir, parce que le Seigneur nous a fait l’honneur d’être des « pierres vivantes ».

     « Le nombre des disciples se multipliait fortement à Jérusalem ». Et ici ? Nous avons tout ! Nous ne sommes même pas persécutés… ou si peu. Qu’attendons-nous pour nous « approcher du Seigneur Jésus » et « annoncer les merveilles » de celui qui est « chemin, vérité, vie ». Notre société, à tous points de vue, est aujourd’hui à un tournant. Je pense que, comme au tout début de l’Eglise, beaucoup sont en attente. Et nous, serions-nous si blasés, que nous ne souhaiterions pas annoncer la merveille de Notre-Seigneur ?

 

    

 

 Père Hervé Rabel