Père Rabel le 14 février 2016

                        1er dimanche de carême ‘C’ - Saint-Pierre - 14 février 2016

 

     Evangile des tentations : Oui… et non ! Plutôt évangile du courage. Courage du Christ. Ce courage qui nous est, à nous aussi, demandé, dans 3 domaines, qui nous sont soulignés par l’oraison d’ouverture : progresser dans la connaissance du Christ, nous ouvrir à sa lumière, mener une vie de + en + fidèle.

 

1) Et tout d’abord, le courage de progresser dans la connaissance du Christ

     Juste après son baptême, le Christ affronte le démon. Ensuite, s’ouvrira son ministère public : il partira « dans la puissance de l’Esprit » (4,14). Et rappelons-nous, au tournant de l’évangile : « le visage déterminé » (9,51), il prendra la direction de Jérusalem, la direction de la Passion.

     Courage du Christ : et pour nous, il s’agit bien de « progresser dans la connaissance de Jésus-Christ ». Pas un savoir intellectuel, mais ‘connaître’ le Christ c’est-à-dire ‘naître avec’. Renaître, bref, vivre notre propre baptême. « C’est avec le cœur que l’on croit » écrit St Paul : accepter ce cœur à cœur avec le Christ et, avec lui, mener un rude combat : contre notre péché, notre paresse, nos peurs. Et contre le diable qui rode, qui aujourd’hui se déchaîne. Qui amplifie son emprise. Courage d’accepter ce bon combat de la foi. C’est vraiment un objectif de carême.

 

2) Ensuite le courage de nous ouvrir à sa lumière

     Dans l’évangile de ce jour, Satan cite l’Ecriture, mais il la cite à la lettre ; Jésus, lui, le fait à la lumière du projet du Père. C’est bien son Père qui est 1er et il remet tout entre ses mains.

     Pour nous, c’est un appel à nous laisser façonner par la Parole de Dieu, lue à la lumière de l’Eglise qui nous enseigne, de la grande tradition de l’Eglise. Parce qu’il faut, comme le dit le Deutéronome « dans ce dur esclavage, crier vers le Seigneur ». Il faut, et le carême est là pour ça, avoir le courage de connaître la dure réalité, de discerner toutes les ruses du démon. Avoir le courage de ramer à contre-courant, de faire les choix qui correspondent au projet de Dieu sur ce monde. Nous ouvrir à la lumière n’est jamais facile, parce que c’est accepter de se confronter à la Vérité qu’est le Christ. Allons-nous avoir ce courage ? N’est-ce pas aussi un objectif de ce carême ?

 

3) Enfin, le courage de mener une vie de + en + fidèle

     Le Christ « rempli d’Esprit Saint, conduit par l’Esprit », part au désert. Ce désert, c’est l’image de l’ambivalence de toute vie, où le combat se joue : dire oui au démon ou dire oui à Dieu. Le ministère du Christ ne sera qu’un parcours dans le désert « jusqu’au moment fixé » écrit St Luc (22,3), c’est-à-dire ce moment de la trahison de Juda, d’où résultera Passion et croix.

     Cette fidélité du Christ doit être la source, avec sa grâce, de nos propres fidélités. Quel est le désert de nos vies ? La culture de mort, « du déchet » dirait le pape, Une apostasie silencieuse. La pression du politiquement correct. Il nous faut affronter avec courage ce désert d’aujourd’hui, où rode le démon, mais où nous avons à faire briller la lumière de Dieu. « C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie » dit Jésus aux disciples (Lc 21,19), juste avant la trahison de Juda. Le carême nous rappelle que notre vie chrétienne est un combat, que nous ne pouvons pas évacuer la croix. Ce combat de Jésus, dans l’évangile des tentations, ouvre celui des derniers temps : nous y sommes confrontés de plein fouet. Le serviteur ne peut pas être plus épargné que le maître. Mais le maître, au Ciel où il est, nous donne son Esprit de force. Accueillons-le pleinement.


 

Père Hervé Rabel