Père Rabel le 14 août 2016

           20ème dimanche du temps ordinaire ‘C’ - Saint – Pierre - 14 août 2016

 

 

1) Une urgence

     « Comme je voudrais… quelle angoisse est la mienne ! ». Apporter un feu ? Ou plutôt un contre-feu. Rappelons-nous, dans cette société si troublée du XVIème siècle, Ste Thérèse d’Avila s’écriait : « Le monde est en feu. Ce n’est pas l’heure de traiter avec Dieu d’affaires de peu d’importance ». Feu de la violence terroriste, mais aussi tant d’autres violences…

     Oui, des contre-feux. Lors du chemin de croix des JMJ, le 29 juillet, le pape François interpellait les jeunes : « Le Seigneur veut que vous soyez un signe de son amour miséricordieux pour notre temps ». Mais pour cela, il est nécessaire, comme le rappelle l’auteur de la lettre aux Hébreux d’ « avoir les yeux fixés sur Jésus », de raviver notre amour, de mieux comprendre son désir, son angoisse, en nous laissant transformer par le contre-feu de l’Esprit-Saint.

 

2) Un paradoxe

     « Pensez-vous que je sois venu apporter la paix ? », lui le Prince de la Paix… ! Mais ne faut-il pas se mettre bien d’accord sur ce qu’est la véritable paix ? ‘Fiche-moi la paix’ : laisse-moi tranquille ! Peut-on aujourd’hui être tranquille. Voulons-nous la paix à la manière des Accords de Munich ? Une paix de démission. Le 30 juillet, le pape disait aux jeunes : « On confond le bonheur avec un canapé ». Nous sommes, pour la plupart, de la génération des ’30 glorieuses’ : ont-elles été si glorieuses, ces années-là. Ont-elles apporté la paix ? On en voit aujourd’hui les ruines…

     L’auteur des Hébreux veut nous réveiller : « Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée ». Et, comme en écho, le 30 juillet, le pape François affirmait : « Jésus est le Seigneur du risque, du toujours ‘au-delà’. Jésus n’est pas le Seigneur du confort ». Mais peut-être les évènements actuels nous forcent à sortir de notre pseudo-confort… ? Pour travailler à une véritable paix qui est justice, charité, miséricorde…

 

3) Un constat

     « Ils se diviseront : le père contre le fils… ». En fait, Jésus veut nous dire que la sainteté est forcement signe de contradiction. Il n’y a que les feuilles mortes qui soient dans le vent…Lénine, à la fin de sa vie, faisait cet amer constat : « Nous nous sommes trompés. Ce qu’il aurait fallu à ce pays, c’est une demi-douzaine de François d’Assise ». C’est pourquoi, le pape, lors du chemin de croix, lançait aux jeunes cet appel « à ne pas vivre leur vie ‘à moitié’ ».

     Et, le lendemain, lors de la grande veillée, il leur disait : « Jésus n’est pas le Seigneur du confort, de la sécurité et de la commodité. Pour suivre Jésus, il faut avoir une dose de courage ». Curieusement, la semaine passée, la liturgie nous proposait le modèle de nombreux saints, dont Edith Stein, sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, co-patronne de l’Europe : juive, carmélite, morte à Auschwitz en 1942. Ces exemples de sainteté ne doivent-ils pas, avec la grâce de Dieu, nous stimuler pour répondre à l’appel du Christ ?

 

 

 Père Hervé Rabel