Père Rabel le 13 novembre 2016

           33ème dimanche du temps ordinaire ‘C’ - Saint-Pierre - 13 novembre 2016

 

     On parle beaucoup du cardinal Sarah actuellement. Récemment, le préfet pour le culte et les sacrements écrivait : « Je crois que l’Eglise doit traverser une épreuve grave pour se redresser. Elle doit subir un martyre comme jamais au cours de l’histoire ». Cette épreuve, je la vois à 3 niveaux :

 

1) L’épreuve de la foi

     « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer » prévient Jésus dans l’évangile. Et le cardinal insiste : « La véritable urgence est ici : retrouver le sens de Dieu. Car les hommes vivent comme si Dieu n’existait pas » et il poursuit : « L’homme retrouvera sa grandeur véritable lorsqu’il aura réappris à se mettre à genoux pour contempler et adorer silencieusement Dieu ». « L’homme n’est jamais si grand qu’à genoux devant Dieu »… Bonaparte ! La France s’est construite sur une conversion, celle de Clovis ; elle disparaitra, si Dieu n’est plus présent.

     Le cardinal vient de publier un ouvrage sur ‘La Force du Silence’. A l’heure d’internet, des jeux video, du smartphone et de l’hyperconnexion, comment retrouver ces plages de silence qui permettent à Dieu de nous parler ? « Vous qui craignez mon nom » dit le Seigneur dans Malachie : craindre le nom de Dieu, c’est le laisser prendre toute sa place, c’est-à-dire la 1re. Benoît XVI évoquait cette apostasie silencieuse de l’Europe, refusant ses racines chrétiennes : quelle belle mission pour nous, de remettre Dieu au centre !

 

2) L’épreuve du témoignage

     « Cela vous amènera à rendre témoignage » dit le Christ à ses disciples. Et le cardinal d’écrire : « L’Occident est menacé de mort certaine si, à travers l’idéologie du genre, il continue son programme diabolique de déstructuration et de démolition du mariage et de la famille ». Et encore récemment : « J’ai peur que l’Occident meurt. Il y a beaucoup de signes ». Au moment où nous nous recueillons, 1 an après les massacres de Paris et au seuil d’échéances électorales importantes, sachons discerner, juger et … agir.

     Le prélat insiste : « Jésus n’est pas venu pour nous dorloter et nous dire d’être tranquille, que tout ira bien. On ne peut pas suivre Jésus sans porter la croix ». Célébrer l’eucharistie, n’est-ce pas accepter de porter la croix, puisque chaque messe nous rend présents au sacrifice du Calvaire ? Ce témoignage que nous avons à donner, qui est si vital aujourd’hui pour que le Bien commun et la dignité de l’homme soient respectés, il s’appuie sur notre intimité avec le Christ, mais également sur une connaissance des questions si fondamentales que nous pose cette société dans laquelle nous vivons.

 

3) L’épreuve du courage

     « On portera la main sur vous et l’on vous persécutera »… : cela n’a rien d’une figure de style ! Combien de chrétiens, au siècle dernier et aujourd’hui en ont fait ou en font l’expérience. Le cardinal écrivait : « Ce qui m’inquiète le plus, c’est que l’islam ne rencontre qu’un Occident décadent, sécularisé, areligieux et amoral et donc un Occident qui n’offre aucune résistance spirituelle ». C’est un africain qui nous dit cela, mais il n’est pas le seul à faire ce constat. Quels idéaux présente-t-on aux jeunes aujourd’hui ? Sommes-nous encore fiers de notre culture ?

     « Certains d’entre vous mènent une vie déréglée, affairés sans rien faire ». On dirait que certains catholiques se disent : ‘Profitons tant qu’il est encore temps. Après nous, le déluge !’. Que de temps gâché, perdu, alors que le cardinal nous dit : « la civilisation occidentale est comme un homme ivre qui marcherait à proximité d’un gouffre ». Rappelons nous cette ‘douceur de vivre’ qu’évoquait Talleyrand, avant que tout cela ne finisse dans le bain de sang de la Révolution ! Réécoutons le pape aux JMJ de l’été dernier : « Jeune, quitte le divan qui te garantit des heures de tranquillité ». On ne peut plus, aujourd’hui, être tranquille : « C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie » prévient le Seigneur.


Père Hervé Rabel