Père rabel le 12 février 2017

             6ème dimanche du temps ordinaire ‘A’ - St Jacques – 12 février 2017

 

 

1) Dieu a de l’ambition pour nous !

     Exactement comme des parents vis-à-vis de leurs enfants : ‘Allez, tu peux mieux faire ! Je compte sur toi’. Ou encore comme un professeur qui encourage un élève. Il ne s’agit certainement pas de menaces, encore moins de morale : Dieu ne nous demande pas d’être des gens ‘biens comme il faut’, il souhaite que nous devenions des saints, ce qui est tout autre chose. Il désire que nous lui ressemblions. Notre foi chrétienne est aux antipodes d’une sagesse, d’une morale et si Jésus « parle avec autorité », c’est justement pour nous faire grandir

     Ecoutons le Christ : « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes, vous n’entrerez pas dans le Royaume ». Il s’agit donc d’entrer dans la sagesse du mystère de Dieu, dans le Royaume des cieux ou, plus exactement, de devenir royaume, de faire corps avec le Christ, d’être temple de l’Esprit, demeure de Dieu. Il ne s’agit donc pas, comme l’écrit St Paul, de la « sagesse de ce monde », mais bien du mystère de Dieu, que nous sommes invités à rendre présent, à rayonner…

 

2) Mais cette ambition, n’est-elle pas démesurée, au-dessus de nos forces ?

     N’oublions pas que les disciples sont « rassemblés autour de Jésus », plus précisément, pour reprendre le début exact de ce ‘Discours sur la montagne’ où nous nous trouvons : « ses disciples s’approchèrent de lui. Alors ouvrant la bouche, il les enseignait ». Etre dans l’intimité du Christ, qui est le Royaume, et nous laisser instruire, inlassablement. Et accueillir la nouveauté de Celui qui proclame : « Et bien moi, je vous dis… ».

     Le Christ s’adresse ici aux disciples, l’Eglise naissante : c’est dans la mesure où nous serons ‘réunis autour du Christ’, en Eglise, que nous pourrons entendre ce désir de Dieu et que nous pourrons y répondre. Au § 11 de la Joie de l’Evangile, le pape écrit que le Christ ‘est toujours jeune et source constante de nouveauté’ et nous sommes invités à ‘récupérer la fraîcheur originale de l’Evangile’ nous dit le pape François. C’est cela, l’ambition de Dieu. Et rappelons-nous (Mt 11,30) que « mon joug est facile à porter et mon fardeau léger », puisque je le porte avec vous.

 

3) Et, finalement, quelle est l’insistance de Jésus ?

     « Quand vous dites ‘oui’, que ce soit un ‘oui’ ». Une des limites de notre époque, c’est la fragilité de l’engagement : on a du mal à être fidèle à ses engagements. Que de divorces, mais aussi que de prêtres qui quittent les ordres ! C’est vrai que c’est certainement moins facile de nos jours, alors que nous sommes continuellement sollicités, que nous ‘zappons’ allègrement. Pendant mon ministère, j’ai préparé des dizaines de scouts à leur promesse. Dans le dialogue de cette promesse, j’aime cette phrase du chef : ‘Sais-tu que ton honneur est de n’avoir qu’une parole sur laquelle les autres doivent pouvoir compter ?’ Et le jeune de répondre : ‘On pourra compter sur m parole de scout !’.

     Dieu a de l’ambition pour nous, mais peut-il compter sur notre promesse baptismale ? « Que votre oui soit oui ». Pour cela, il faut s’appuyer, s’enraciner sur le Christ, le Christ qui, écrira St Paul aux Corinthiens, « n’a jamais été que oui ». C’est sur ce oui du Christ au Père qu’il faut inlassablement s’appuyer, je le dis et le redis aux fiancés que je prépare au mariage. Dieu a de l’ambition pour nous, ne décevons pas l’espérance qu’il met en chacun de nous. Entrons dans cette nouveauté de l’Esprit, que nous recevons en abondance dans chacune de nos messes.

 

 

 Père Rabel