Père Rabel le 11 septembre 2016

24ème dimanche du temps ordinaire ‘C’ - St-Pierre/St Jacques - 11 septembre 2016

 

1) Est-il normal d’abandonner 99 brebis pour une seule ?

     Et les abandonner dans le désert ! N’est-ce pas vraiment déraisonnable de la part de ce berger ? C’est une parabole : en réalité, cette 110ème brebis, c’est toute l’humanité, perdu par Dieu à cause du péché originel, cette brebis qui inexorablement s’éloigne de son Créateur. Dieu n’est donc pas si fou que cela ! St Paul le rappellera dans l’Epitre aux Romains (5,112) : « Par un seul homme… tous ont péché ».

     Alors, ne faut-il pas, en 1er lieu, rendre grâce au Christ, le Bon Pasteur, qui vient chercher l’humanité perdue ? « Le Christ Jésus venu dans le monde pour sauver les pécheurs » écrit St Paul, qui insiste : « Je suis plein de gratitude envers celui qui me donne la force », en me prenant sur ses épaules. En ce début d’année, n’est-ce pas un appel à faire silence, à contempler le Seigneur Bon Berger qui vient nous sauver et à rendre grâce ?

 

2) Est-il normal de ne pas réprimander la brebis qui s’est perdue ?

     « Il m’a été fait miséricorde » écrit St Paul, à 2 reprises dans la 2ème lecture. Pourquoi le Bon Berger ne réprimande pas cette brebis qui a échappé à sa surveillance ? Mais parce qu’il l’aime, et il l’aime d’un amour marqué par ce refus, par cette fuite. Il l’aime d’un amour blessé, d’un amour qui s’est approfondi. Après l’amour de création, surgit un 2ème amour, amour de miséricorde, plus profond parce qu’il émane d’un cœur brisé par l’angoisse.

     Alors, laissons-nous prendre sur les épaules de Jésus. Abandonnons-nous à notre vrai Pasteur. Laissons-nous faire puisque Lui seul connaît le chemin de la bergerie, lui seul est le Chemin. Le 2ème appel, en ce début d’année pastorale, n’est-il pas de s’enraciner encore plus profondément dans l’amour du Christ, de mettre nos blessures, nos fragilités, dans ses blessures, ces blessures qui viennent de ce qu’il nous a longuement cherchés ? Nous avons à St Pierre de log temps d’adoration qui nous sont proposés : venons nous abreuver à la Source.

 

3) Enfin, est-il normal que la joie du Ciel vienne du pécheur qui se convertit ?

     Et les justes, alors ? Ils n’ont pas le droit à la joie céleste ? Mais y a-t-il des justes ? « Tous ont péché » dit St Paul. En réalité, il n’y a pas de gens ‘bien’, qui mériteraient le Ciel par leur propre force. Ce « seul pécheur » qui se convertit, c’est le désir de Dieu qui souhaite nous serrer tous, sans exception, dans ses bras. Et cela, pour sa joie. Chacun de nous, malgré notre péché, nous sommes appelés à faire la joie de Dieu.

     Mais pour cela, il faut se convertir. Un début d’année pastoral n’est-il pas un appel à la conversion ? Un appel à célébrer plus régulièrement le sacrement du pardon, de la confession ? Un appel à passer la porte sainte, si près de nous, avec le désir de faire plaisir à notre Dieu. Dieu qui a fait miséricorde à St Paul pour qu’il « donne un exemple ». En écho au psaume qui dit : « Ma bouche annoncera ta louange ». Se laisser convertir pour annoncer la miséricorde. Beau programme en ce début d’année !

 

 Père Hervé Rabel