Père Rabel le 11 décembre 2016

                 3ème dimanche de l’Avent ‘A’ - Saint-Pierre - 11 décembre 2016

 

 

1) Une 1re question

     « Devons-nous en attendre un autre ? ». Etonnante, cette question de Jean-Baptiste. Certainement décontenancé par le message et la personne de Jésus. Peut-être découragé par cet homme si différent de ce qu’il attendait ? Pourtant, c’est lui qui l’avait désigné comme l’Agneau de Dieu… Mais les foules, elles aussi, sont en attente: «  Qu’êtes-vous donc allés voir ? ».

     Et nous-mêmes : qu’est-ce que nous attendons ? Ou plutôt : est-ce que nous attendons encore quelque chose ? Ou bien est-ce que nous essayons simplement de survivre, de faire le ‘dos rond’, en espérant être épargné, de nous protéger tant bien que mal ? Sommes-nous découragés, désorientés par tout ce qui se passe actuellement ? La pollution, le terrorisme, ces attaques incessantes contre la vie, cette crise profonde de la démocratie. Bref, cette révolte de l’homme contre Dieu, cette chape de plomb idéologique, le cardinal-archevêque de Paris allant jusqu’à parler de « police des idées » et de la « dictature d’une vision totalitaire »… [au sujet du ‘délit d’entrave numérique à l’IVG’]. Oui, une question nous est posée : qu’est-ce que nous attendons ?

 

2) Une réponse

     Celle du Christ : « Allez annoncer… ce que vous entendez et voyez ! ». Que faut-il annoncer, sinon ces miracles qui montrent la nouveauté du Christ. Cette création renouvelée, l’amour de miséricorde qui prend visage d’homme. Avec, en prime, cette béatitude pour ceux qui prennent position pour le Christ et qui entrent dans le Royaume : « Heureux ! ». C’est la « vengeance, la revanche de Dieu » qu’évoque Isaïe : Dieu qui lui-même vient nous sauver : c’est bien lui, le Christ, « le plus petit dans le Royaume », plus grand que Jean-Baptiste.    

     Alors, qui faut-il annoncer ? Non pas quelqu’un qui donne sens à notre vie, car, après tout, le djihad donne sens à la vie de beaucoup de nos jours. Mais annoncer le Christ qui est la Vérité et qui est venu sauver l’homme du péché et de l’erreur. Peut-être que parler de ‘vérité’ fait peur, ou n’est pas assez consensuel ? Mais c’est la seule manière de ne pas tomber dans le relativisme culturel omniprésent. Car les hommes ne peuvent vivre vraiment que si la Vérité leur est annoncée. Et c’est à nous que le Christ confie cette mission.

 

3) Une 2ème question

     C’est celle du Christ : « Qu’êtes-vous allés regarder […]. Qu’êtes-vous allés voir ? ». Et il répond : « bien plus qu’un prophète » : quelqu’un qui prépare le chemin devant moi. Quelqu’un qui a dit, avec une étonnante prémonition : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Et qui permet à St Jean d’affirmer que « La grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ ».

     « Soyez forts, ne craignez pas », nous demande Isaïe, et cela pour « fortifier les mains défaillantes » : celles de nos contemporains qui ne savent plus où ils en sont. Dans une société en passe de s’effondrer, avachie dans le consumérisme marchand, dans ce multiculturalisme relativiste qui est le nôtre : soyons forts de la force du Christ. Osons affirmer qu’Il est la seule et unique Vérité, celle qui rend vraiment libre, qui nous sauve de l’esclavage des idoles, qui nous rend pleinement humain, de cette liberté qui mène au Bien, celle finalement pour laquelle Jean-Baptiste a été exécuté. Il y a toutes ces guirlandes de Noël : elles ne cachent que la vacuité d’une société à qui nous avons à annoncer Celui qui est plus grand que Jean-Baptiste, « la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu » comme le prophétisait Isaïe. C’est ça, la Bonne nouvelle de Noël !

 

        Père Hervé Rabel