Père Rabel l' Assomption 2016

                                                Assomption 2016 - Saint-Pierre

 

     Avec cette solennité, nous célébrons aujourd’hui la Vierge de l’espérance ; je l’encadrerais volontiers par 2 autres caractéristiques de Notre-Dame : la Vierge des douleurs et celle du Bon combat.

 

1) La Vierge des douleurs

     Parce qu’une fête liturgique est toujours colorée par l’actualité. Or, cette année, elle est bien lourde : les peurs, les violences, les morts… Et l’évangile nous montre Marie qui « se met en route », pour son pèlerinage terrestre qui passera par la croix.

     Je commence par la Vierge au pied de la croix car avec le meurtre du P. Hamel, c’est le christianisme qui est visé. Parce que les islamistes sentent que notre foi constitue le fondement même de cette culture qu’ils veulent détruire. Alors, Marie des douleurs ne nous appelle-t-elle pas à réentendre cet éditorial du prêtre martyr, qu’il écrivait en juin dernier : « Puissions-nous en ces moments entendre l’invitation de Dieu à prendre soin de ce monde, à en faire, là où nous vivons, un monde plus chaleureux, plus humain, plus fraternel » ? Tournons-nous vers la Vierge des douleurs, elle nous invite à ne pas déserter ce monde blessé.

 

2) Cependant, aujourd’hui, nous célébrons la Vierge de l’Espérance

     Car l’Assomption, c’est la Mère de Dieu qui entre dans la gloire de son Fils, et qui nous montre ce chemin de gloire. Douleurs, violences, morts… n’auront pas le dernier mot car, par la mort et la résurrection du Seigneur, c’est la Vie qui triomphe et qui nous appelle à cette éternité.

     Oui, la Ste Vierge est bien celle qui nous relance dans l’Espérance. Et ce n’est pas pour rien que dans son homélie, à Notre-Dame, le cardinal Vingt-Trois nous rappelait que « L’espérance a un visage, le visage du Christ (…) c’est cette espérance au cœur de l’épreuve qui barre à jamais pour nous le chemin du désespoir, de la vengeance et de la mort ». Et l’archevêque de Rouen d’ajouter : « La grande espérance aujourd’hui est la réponse des jeunes présents à Cracovie », ces jeunes à qui le pape disait : « Jésus veut que vous soyez un signe de son amour miséricordieux pour notre temps ». Tournons-nous vers la Vierge de l’Espérance, elle nous demande d’être le signe, en cette société si violente, de la miséricorde de Dieu.

 

3) Vierge des douleurs, de l’Espérance, Marie est aussi la Vierge du bon combat

     Car la 1re lecture de cette solennité nous présente la Vierge de l’Apocalypse, aux prises avec le Démon, combat définitif où la victoire va appartenir à Dieu. Le 30 juillet, le pape François rappelait aux jeunes que « Pour suivre Jésus, il faut avoir une dose de courage » et la Vierge des Derniers temps n’est-elle pas relayée par un message du Christ à sainte Faustine : « Parle au monde de ma miséricorde… c’est un signe pour les derniers temps ». Mener le bon combat, en cette année de la Miséricorde…

     Le 15 août, pour les catholiques de France, et cela depuis 1638, c’est une fête nationale. Ce bon combat, nous avons à le mener pour notre patrie. En donnant le meilleur de nous-mêmes, de nos engagements, notre métier, notre devoir d’état. Il convient de rappeler que les pierres d’angles de notre société, ce sont ses racines chrétiennes ; ce sont elles qui ont fondé et fondent la laïcité et les ‘valeurs’ dont on se réclame. Il s’agit donc pour nous de ré-enraciner ces valeurs dans la profondeur de l’âme française, dans les profondeurs de notre identité. Cette accélération de l’histoire que nous vivons est une invitation à mener cette mission. Tournons-nous vers la Vierge du bon combat, elle nous invite, sur le plan culturel et spirituel, à prier, aimer, servir, espérer.

 Père Hervé Rabel