Père Hervé Rabel Rameaux 2015

                                       Rameaux 2015 - St Pierre/St Jacques

 

     « Accorde-nous la cette grâce de retenir les enseignements de sa passion » (prière d’ouverture) : quels enseignements ?

 

1) Trois enseignements à tirer, par rapport à la Passion du Seigneur : d’abord contempler

     Contempler le Christ, son amour pour nous. La lecture est longue, parce qu’il faut prendre son temps… ‘J’ai versé telle goutte de sang pour toi’, disait Pascal. Seigneur c’est à moi que tu pensais lorsque tu as donné ta vie… Il ne s’agit pas de dormir, comme les disciples. « Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ».

     Un appel, pour chacun de nous à prendre le temps de contempler : prendre le temps, ce qui nous est le plus précieux ! Mais aussi contempler notre prochain, lui qui nous est donné comme visage du Christ. Le regarder, avec le regard même du Christ, non pas brouillé par le péché, mais avec la limpidité de l’amour…

 

2) Contempler, mais aussi compatir

     C'est-à-dire ‘souffrir avec’. Comme cette femme qui verse « un parfum très pur et de grande valeur ». Un gaspillage ? Plutôt une marque de compassion. Comme Pierre qui « fond en larmes » parce qu’il comprend qu’il n’a pas accompagné son Seigneur dans ses souffrances…

     On peut contempler d’une manière très extérieure, d’une façon intellectuelle. Ce qui nous est demandé, c’est que nous entrions ‘en consonance’ avec ce qu’a vécu le Christ pour nous. Nous rendre mieux compte de ce que cette Passion a représenté pour lui : ce poids de péché qui est tombé sur lui ! Mais aussi compatir devant les souffrances des hommes : être là, accompagner. Je pense, par exemple aux soins palliatifs… Mais à toutes les autres souffrances…

 

3) Contempler, compatir… mais aussi consoler

    « O ma force, viens vite à mon aide ! ». Le Christ se tourne vers son Père. Mais il y a aussi celui qui « lui donnait à boire ». Parce que l’on peut compatir, avec un certain sentiment de supériorité. Consoler, c’est ne faire plus qu’un avec celui qui souffre, c’est se mettre à son niveau. Nous avons à nous mettre au niveau du Christ, à lui redire qu’on l’aime… de tout notre cœur.

     Comme une mère console son enfant, nous avons à consoler notre Dieu, qui ne reçoit qu’ingratitudes de la part des hommes, comme il le disait à Ste Marguerite-Marie. Cela n’a rien d’affectif, il faut que cela devienne effectif : consoler notre Seigneur dans les membres de son corps les plus vulnérables. Nous sommes dans une société d’une dureté, d’une violence terribles : à nous de nous faire vulnérables aux fragilités qui nous entourent.

 

 

 

Père Hervé Rabel