Père Hervé Rabel le mercredi 1er mars 2017

                                                                   Cendres 2017

 

1) 3 écueils à éviter : prendre des résolutions

     Parce que, d’abord, jamais on le les tient ! D’où culpabilisation, sentiments d’échec, frustrations, découragement.

     La seule et unique résolution : nous tourner vers le Seigneur et lui dire : ‘Seigneur, que veux-tu que je fasse’ ? Quel est ton projet sur moi, pour ce carême ? « C’est Dieu lui-même qui lance un appel » écrit St Paul : alors… allons-nous écouter cet appel ? Par l’attention à sa Parole, aux signes qu’Il ne cesse de mettre sur notre chemin.

     « Ton Père qui est présent dans le secret » insiste Jésus : il nous faut découvrir ce secret ; et c’est là où le décentrement opéré par la prière, le jeûne et l’aumône joue. Toujours partir de soi, c’est le risque : il nous faut, au contraire, accueillir ce que l’Esprit va nous suggérer, et le faire, pour l’amour de Dieu.

 

2) nous focaliser sur le négatif

     ‘Contre quelle tendance, quelle limite, quel péché, dois-je lutter ?’ Avec le risque, bien sûr, de nous centrer sur nous-mêmes, et même, au pire, de ne pas nous aimer, puisqu’on ne voit que le négatif. Et, autre risque, de vouloir lutter contre ce négatif à la force des poignets…

     Et pourquoi, alors, ne pas voir d’abord, les talents, les richesses que le Seigneur nous as données et qui font que nous sommes uniques ? Et découvrir que nous accomplissons le plan de Dieu lorsque nous découvrons ce qui nous rend unique. C’est peut-être là où réside le combat spirituel : non pas tant lutter contre notre péché que, d’abord nous aimer et demander au Seigneur la grâce de vivre pleinement ces talents, pour le service du Royaume. Et accepter cette grâce : accepter de se laisser sauver, de vivre pleinement notre humanité. Que le Seigneur, comme dans la parabole des talents, puisse nous appeler ‘Bon et fidèle serviteur’…

 

3) ‘jouer perso’ (si vous me permettez l’expression)

     ‘Mon carême, ma lutte contre mon péché, mes sacrifices… pour qu’un jour, j’aille au Ciel’. Mais alors… où sont les autres, ce Corps que nous formons ? Le Seigneur, dans ce passage de Joël, s’adresse au peuple : « réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte ». C’est ce qu’on célèbre actuellement : on ne reçoit pas les cendres en catimini… Cette ‘assemblée sainte’, ce peuple convoqué, c’est l’Eglise en germe.

     Le carême est un temps d’Eglise fort, moment où la communion des saints doit jouer pleinement. Si on prend ce carême à la légère, si on n’entre pas dans ce combat spirituel, c’est tout le Corps qui en souffrira ; si on répond généreusement au Seigneur, on sera pleinement missionnaire. Nous ne sommes pas seuls dans ce combat qui concerne toute l’Eglise.

     Rappelons-nous que « nous sommes les ambassadeurs du Christ » : ce carême, ne le vivons pas d’abord pour nous-mêmes, vivons le pour que l’Eglise grandisse, pour que le Seigneur puisse être connu et aimé. Pour que nous devenions pleinement des disciples, et des disciples – missionnaires.

    

 Père Hervé Rabel