Père Hervé Rabel le 8 février 2015

               5ème dimanche du temps ordinaire ‘B’ - Saint-Pierre - 8 février 2015

 

1) Que fait le Christ dans cet évangile : tout d’abord, il « vient à la maison »

     Il sort de la synagogue pour venir dans la maison de Simon, qui annonce l’Eglise. 2000 ans après, nous sommes spécialement concernés, puisqu’il s’agit de l’Eglise. Il y a les disciples, mais St Marc nomme précisément 4 hommes : Jacques, qui signifie ‘celui qui est redressé par Dieu’, Jean, qui veut dire ‘Dieu fait grâce’, Simon, ‘celui qui écoute’ et André, ‘celui qui fait mémoire’. On a là les qualités du disciple : celui qui écoute, qui accepte d’être converti et qui fait mémoire que Dieu fait grâce.

     On le constate, l’Eglise, c’est ce lieu béni où Jésus « s’approche », se fait proche, nous prend par la main et nous entraîne dans le sillage de sa résurrection : c’est ce qui se passe avec la belle-mère de Simon. « Et elle les servait » précise St Marc : parce que l’Eglise est appelée à se mettre au service de cette humanité, pour lui révéler que s’est fait proche avec le Christ.

 

2) Après être venu à la maison, que fait le Christ : « il guérit »

     Mais de quelles maladies guérit-il ? « Toutes sortes », précise St Marc, avec, quand même cette influence des démons. La 1re lecture, elle, nous montre un homme malade, Job. Et quelle est sa maladie, si ce n’est une profonde désespérance. N’est-ce pas terriblement actuel ? Une société en déprime, une sorte de langueur qui s’empare de beaucoup. On ne voit plus trop comment peut se dessiner l’avenir, on ne croit plus trop en rien.

     En contrepoint, il y a le passage de St Paul : « Libre à l’égard de tous ». Engluée dans de si nombreux esclavages, et peut-être d’abord celui de la désespérance, nous avons à témoigner de cette liberté de l’Esprit, cet Esprit qui nous rend forts, qui donne un sens à notre vie, qui nous libère de nos esclavages, qui nous rend audacieux… Nous portons en nous, face aux maladies de notre monde, cette superbe médecine qui s’appelle l’amour de Dieu manifesté dans le Christ qui nous « saisit la main et nous fait nous lever ».

 

3) Après avoir guéri, le Christ « se lève et sort ».

     Jésus s’est levé, en effet, il est ressuscité. On voit alors Simon, l’Eglise, et ses proches « partir à sa recherche ». Mais c’est pour l’entendre leur dire : « Allons ailleurs ». Qu’est-ce à dire si ce n’est que Jésus ressuscité est reparti vers le Père et qu’il nous dit : ne restez pas à regarder le Ciel, sortez, décentrez-vous. Et suivez-moi « dans les villages voisins de la Galilée » : justement, dans cette société malade. Ne vous réfugiez pas dans votre petit cocon spirituel, mais laissez vous faire par le vent de l’Esprit.

     « Malheur à moi i je n’annonçais pas l’Evangile ! » dit St Paul. Cela veut dire : là où je trouve mon vrai bonheur, c’est de vivre et d’annoncer le Christ. C’est de m’être laissé saisi par sa main et d’avoir accepté de me lever, de devenir un homme libre et d’annoncer cette véritable liberté. Notre Dieu « guérit les cœurs brisés et soigne leurs blessures » dit le psaume : nous qui avons été guéri par le Christ, n’est-ce pas cette mission qui doit faire notre joie, qui nous permet de chanter la louange du Seigneur ?

 

 

 

 

Père Hervé Rabel