Père Hervé Rabel le 7 juin 2015

                       Corps et Sang du Christ - St Jacques/St Pierre - 7 juin 2015

 

1) ‘Il est grand le mystère de la foi !’

     C’est l’acclamation du célébrant après la consécration. Ce mystère, c’est celui de l’eucharistie que nous célébrons : ‘mystère’ ne voulant pas dire quelque chose d’étrange, mais une réalité tellement dense que nous aurons à la découvrir pendant toute notre vie. Un ‘Admirable sacrement’ souligne la prière d’ouverture : une réalité à contempler, devant laquelle s’émerveiller.

     Depuis Pâques, la liturgie nous prépare à cet émerveillement : à Pâques, Dieu nous sauve par Jésus son Fils, ce salut est actualisé par l’envoi de l’Esprit lors de la Pentecôte et la fête de la Ste Trinité nous rappelle que Dieu ne cesse de se donner, en lui-même et aux hommes. Et, aujourd’hui, on peut dire que cette Fête du Corps et du Sang du Christ est comme la fine pointe de ce que Dieu veut dire de lui : Il vient nous rencontrer par sa présence réelle, corporelle dans l’eucharistie et ainsi nous transformer en devenant plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes…

 

2) « Faites-y les préparatifs »

     A 2 reprises, cette obligation est soulignée dans l’évangile. Pour que Jésus célèbre cette 1re messe, les disciples ont du faire des préparatifs. Le Christ a célébré sa Pâque, après que les choses aient été préparées. Aujourd’hui encore, il convient de se préparer à la messe, à cet ‘admirable sacrement’. Se deshabituer, sortir d’une routine. Préparer son corps par le jeune eucharistique, préparer son âme par une confession régulière. Pour devenir ce tabernacle vivant où le Christ pourra venir faire sa demeure.

     La consécration, sommet de l’action liturgique a, comme préalable, l’écoute de la Parole. Avons-nous, avant la messe, ne serait-ce que lu cette Parole ? C’est ce que fait le peuple d’Israël qui répond à la parole du Seigneur que Moïse lui rapporte. Mais il y a aussi cette exactitude à avoir : le prêtre doit s’avancer, à l’image du Christ, au milieu des fidèles déjà rassemblés. Et que dire de ceux qui arrivent après la préparation pénitentielle ! Comment leur cœur a été préparé… ?

 

3) « Toutes ces paroles (…) nous les mettront en pratique »

     Il y a ce travail en amont ; il y a également ce travail en aval. Nous recevons à la messe le Corps du Seigneur pour devenir, ensemble, son Corps. Pour que ce Corps grandisse. Nous ne communions pas pour nous mais pour qu’à travers le rayonnement du Christ en nous, le monde soit ‘eucharistié’, devienne une offrande à agréable au Père

     Jésus rompt le pain ; il offre son Corps, puis son sang, annonce de la croix où le corps et le sang seront séparés. C’est pourquoi, à la messe, vrai sacrifice, il y a cette double consécration. Mais c’est un appel, pour chacun, à nous offrir, nous aussi, en sacrifice, même si cela nous coûte. Cet ‘amen’ que nous disons avant de communier, il signifie que nous sommes prêts, avec la grâce de Dieu, la force de l’Esprit, à suivre le chemin que le Christ à suivi, qui passe par la croix et conduit vers la gloire.

 


Père Hervé Rabel