Père Hervé Rabel le 4 janvier 2015

                                         Epiphanie - Saint-Pierre - 4.01.2015

 

1) Ces mages, que font-ils ? D’abord ils regardent

     « Nous avons vu son étoile… Quand ils virent l’étoile ». Leur travail d’astrologue, c’est bien de scruter les étoiles. A travers ce qui fait le quotidien de leur vie, ils discernent une étoile. Un signe… qui les conduira, finalement, jusqu’à Jésus. Ce signe, il est précisé par la Parole qui est donnée par les grands prêtres et les scribes. Et même, d’une manière un peu étonnante, par Hérode.

     La période des fêtes se termine. Nous sommes appelés à retourner dans la réalité. Ici, la lourdeur d’une situation économique et sociale difficile, avec ce poids du chômage, de la solitude. En province, c’est ce qu’on appelle maintenant ‘La France périphérique’, une sorte de vide, de désespérance, qui suscitent des comportements violents. Après tout, l’époque du roi Hérode était violente, elle aussi. Un appel, à travers ce qui peut nous paraître lourd, à être attentif aux signes que Dieu ne cesse de nous lancer. Rappelons-nous que nous venons d’entrer dans l’an de grâce 2015 !

 

2) Ces mages ne font pas que regarder, ils se déplacent.

     Etonnant, le nombre de verbes de déplacement : ils « arrivent à Jérusalem… ils partent vers Bethléem… ils entrent dans la maison ». Bien entendu, il s’agit d’un déplacement spirituel. Contrairement aux habitants de Jérusalem, Hérode compris, crispés sur leurs certitudes, ils osent trouver des chemins nouveaux.

     Vous le savez, le grand risque pour nous chrétiens, c’est la frilosité. Se dire qu’on a toujours fait comme ça, alors pourquoi changer ? A société nouvelle, ô combien, nouvelle évangélisation à trouver. Mais ça demande du courage, un investissement de chacun. Je tiens à nouveau à saluer cette magnifique action du Parvis des Talents, qui a nécessité de la part de l’équipe des heures de réflexion et d’action. J’attends d‘autres propositions de votre part ! Pour rejoindre les personnes, là où elles sont, puisqu’elles ne viendront certainement pas vers nous. A Neuilly, combien de baptisés n’ont pratiquement aucun contact, ou si peu, avec l’Eglise !

 

3) Ces mages regardent, se déplacent, mais tout cela aboutit à l’adoration.

     « Nous sommes venus nous prosterner devant lui » : c’est bien leur objectif. Et il est atteint : « ils se prosternèrent devant lui ». Ces mages auraient pu idolâtrer leur savoir, leur pouvoir, ou craindre la violence d’Hérode. Ils vont à l’essentiel, ce pour quoi l’homme est créé : adorer son Créateur. Cette attitude les remplit de joie parce que l’homme n’est vraiment lui-même que dans le don total : « ils ouvrent et ils offrent ».

     Aujourd’hui, il n’y a jamais eu autant d’idoles. Il n’y a jamais eu autant de violence, surtout vis-à-vis des plus faibles. Le 29 janvier, l’Assemblée va débattre d’une proposition de loi sur l’euthanasie. Et tant d’autres menaces ! Les mages « entrent dans la maison » : c’est l’image de l’Eglise. Vivons pleinement notre vie d’Eglise, pour comprendre où sont toutes les idoles, pour les combattre. Mais aussi et surtout être témoin de la joie d’adorer, de montrer aux hommes déboussolés là où se trouve notre vrai accomplissement d’homme. La messe est d’abord un sacrifice d’adoration : entrons, avec le Christ, dans cette démarche.

    


Père Hervé Rabel