Père Hervé Rabel le 3 mai 2015

             5ème dimanche de Pâques ‘B’ - Saint-Jacques / Saint-Pierre - 3 mai 2015

 

 

1) Le Christ nous demande de « porter du fruit »

     Demande pressante, insistante… Il faut en porter « davantage », en porter « beaucoup »… C’est-à-dire ne pas vivre notre foi ‘a-minima’, comme un simple code de bonne conduite, comme des gens bien élevés. Le Christ n’a pas livré sa vie pour donner une morale à des gens ‘comme il faut’ ! Il nous demande, comme l’a bien compris St Paul, de nous exprimer, de vivre « avec assurance » : aimer en acte, mais aussi en vérité… En assumant les exigences de l’Evangile.

     Pour cela il faut accepter d’être purifié, « taillé » dit l’évangile. Et ça, ça fait mal ! Le voulons-nous ? Aimer « en vérité » dit saint Jean : vérité sur soi-même, ce qu’il y a à convertir en nous. Vérité sur ce monde relativiste. Etre libre et non esclave des modes, du prêt-à-penser, des chapes de plomb idéologiques. Refuser tout ce qui déshumanise l’homme. Lutter pour élever ce monde vers son Créateur. Il y a urgence, on ne le sait que trop… Rappelons nous que l’action ‘politique’ (au sens large du terme) fait partie du devoir d’état, de la vocation ordinaire du laïc catholique.

 

2) « Porter du fruit », on ne le pourra que si l’on « demeure dans le Christ ».

     Nous ne sommes pas là pour éprouver des émotions pieuses ; nous ne sommes pas une ‘assemblée des amis de Jésus’, venant déposer chaque dimanche une couronne à sa mémoire, du genre ‘Les chrétiens reconnaissants’ ! Pas là non plus pour gérer une retraite stratégique. ‘Ne pas céder à la peur’ rappelaient les évêques après l’attentat manqué de Villejuif. Nous sommes réunis pour des épousailles de sang : « demeurer en lui pour qu’Il demeure en nous ». Il ne s’agit donc pas d’émotions mystiques, mais d’un accueil bien concret du Christ dans nos vies.

     Nous ouvrons-nous véritablement à ce désir du Christ de venir faire en nous sa demeure ? Au milieu des dérives actuelles, c’est lui notre rocher, notre force, notre boussole et notre joie. Car « en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire ». Encore faut-il que nous acceptions d’agir « en acte et en vérité », « avec assurance »… !

 

3) et c’est ainsi que nous pourrons « porter du fruit » « pour la gloire du Père ».

     L’Eglise n’est pas là pour défendre des positions. « Combien de divisions » disait Staline, goguenard ? Elle est là pour défendre l’honneur de Dieu, inextricablement lié à la dignité de l’homme, depuis que Dieu s’est fait homme. La mention du Père encadre l’évangile de ce dimanche : parce que nous sommes responsables de la gloire du Père, en portant – ou non – du fruit. Il n’y a pas de temps à perdre, devant cet honneur qui nous est fait.

     Ce mois de mai est, traditionnellement, consacré à la Vierge Marie. Là encore, ne réduisons pas cela à une petite dévotion mièvre ! La Sainte Vierge a pleinement répondu à sa vocation et quel fruit elle a porté. Mais c’est dans les larmes, elle dont le cœur a été transpercé par un glaive. Nous avons à lui demander abandon, courage, confiance, persévérance, lucidité et audace. Pour accepter de faire grandir le Christ en nous, pour le suivre, même si c’est à travers sa Passion, et pour lui permettre de sauver le monde c’est-à-dire de faire, avec nous, la gloire du Père.

 

 

 

Père Hervé Rabel