Père Hervé Rabel le 29 novembre 2015

                   1er dimanche de l’Avent ‘C’ - Saint-Pierre - 29 novembre 2015

 

1) « les puissances des cieux seront ébranlées »

     Texte d’une terrible actualité ! Avec, en effet, 3 motifs d’inquiétude. Le 1er, c’est cette guerre sur notre sol, conséquences de tant d’erreurs, de lâchetés, d’abandons… Mais il y a aussi cette guerre culturelle, bien plus subtile, qui détruit l’homme, qui disloque de l’intérieur notre nation, notre société. Et puis, enfin, cette ‘apostasie silencieuse’ qu’évoquait Benoît XVI, et cette confusion manifestée, au cœur même du Synode sur la Famille, par des hommes d’Eglise, au nom d’une miséricorde mal comprise.      

     A la source de tout cela, c’est l’’ubris’, la démesure, l’homme qui, après voir rejeté Dieu, veut se prendre la place de Dieu, veut se faire dieu. Démesures des multinationales, de l’Europe sans frontière, des nouvelles technologies, au service des puissants comme Google, Facebook ou Amazon. Ultralibéralisme s’associant à l’ultra-libertarisme pour créer un homme nouveau. Hystérie laïciste, voyez le texte de l’Association des Maires de France. Oui, il y a de quoi être « affolés et désemparés », comme le souligne Jésus.

 

2) A travers cet ébranlement de notre monde, « votre rédemption approche » nous dit le Seigneur

     Avez-vous remarqué qu’après les attentats terroristes du 13 novembre, les églises se sont remplies ? Réflexe de peur… ou espérance qui sommeillait chez nos contemporains ? Désir de revenir à l’essentiel ? Il n’y a aucune honte à se reconnaître tout petits, et à se raccrocher à Celui qui nous dit ‘Courage, n’ayez pas peur, je suis avec vous tous les jours’. Se redresser et relever la tête, non pas par bravade vis-à-vis des barbares, non pour leur dire ‘nous continuons à vivre comme avant’, mais pour se tourner vers le Seigneur, comme le rappelle le psaume : « Je lève les yeux vers les montagnes, d’où le secours me viendra-t-il. Le secours me viendra du Seigneur… ».

     Car ce combat à mener est essentiellement spirituel : contre ces barbares qui blasphèment le nom de Dieu, comme le soulignait le pape, contre ces attaques du démon ici-même, contre cette deshumanisation qu’on nous impose. Au moment où Bible à Neuilly nous propose une lecture continue de l’encyclique Laudato si’, tout est dans ce texte : cette ‘démesure anthropocentrique dénoncée par le pape. Et cet appel insistant à se convertir. Combat spirituel veut dire pour chacun : accepter de se convertir. Le veut-on vraiment ? Mais ne sommes-nous pas, aujourd’hui, acculés à cette conversion… au risque de perdre notre âme ? Que le Seigneur « rende vos cœurs irréprochables en sainteté » nous demande St Paul…

 

3) On ne peut plus vivre comme avant : « Restez éveillés et priez en tout temps »

     « Les beuveries, l’ivresse, les soucis de la vie ». Actualisons : tout ce qui nous ‘divertit’, cette société qui n’a comme objectif que de nous anesthésier, de nous endormir, de nous gaver, de nous pervertir. ‘Consommez et jouissez !’. Pour échapper à cela, le Christ nous demande d’avoir 2 attitudes : « rester éveillés », c’est être bien conscient de cette fin d’un monde, d’en mesurer les enjeux inouïs. « Priez en tout temps », c’est faire notre travail de disciples. Pas une petite prière, en passant, bâclée, mais un long temps pour implorer. Pourquoi si peu de monde à l’adoration proposée à la paroisse ? Le 12 décembre, il y aura cette veillée de prière, suivie de la nuit d’adoration : plutôt que de ‘multiplier les chansons, les concerts, continuer d’aller au stade’, comme certains nous y invitent, venir ici, devant le Christ, pour l’implorer !

     Tous ceux qui veulent résister à cette désintégration générale ne cessent de dire, que ce soit Delsol, Manent, Finkielkraut ou Hadjad : c’est l’heure de l’Eglise, c’est, comme le dit Jésus « l’occasion de rendre témoignage ». ‘Allons nous continuer à décevoir notre Dieu’ nous interpelle le pape dans Laudato si’ ! Il faut entrer en résistance, pour participer à la reconstruction de notre pays, à l’aider à retrouver ses racines, qui sont chrétiennes, pour le faire aimer. Ce n’est que comme cela que chacun pourra trouver sa juste place. Soyons de ces âmes fortes, face à l’acte de guerre du 13 novembre, il n’est pas possible de déserter !

 

 Père Hervé Rabel