Père Hervé Rabel le 28 juin 2015

         13ème dimanche du temps ordinaire B - St Pierre/St Jacques - 28 juin 2015

 

     3 personnages dans cet évangile, 3 interlocuteurs de Jésus, avec une progression…

 

1) Le 1er personnage, c’est cette foule…

     Elle « s’assemble autour de lui », le cerne en quelque sorte ; elle l’écrase : « Tu vois bien la foule qui t’écrase ! ». Comme les disciples dans l’évangile dimanche dernier, la foule veut prendre possession d Jésus, le réduire à sa merci, à son échelle.

     Le risque, en effet, c’est de se bâtir une image du Christ, taillée à notre mesure, correspondant à nos désirs, et de passer à côté de ce qu’il est en réalité. Voyez d’ailleurs les gens qui viennent de la maison de Jaïre : « A quoi bon déranger encore le Maître ? ». Jésus, pour eux, n’est qu’un maître de sagesse, parmi tant d’autres. Aujourd’hui, combien réduisent la foi à des ‘valeurs’, une simple règle de vie, une morale. La foi dégénère alors en simple humanisme.

 

2) Le 2ème personnage, c’est cette femme malade

     Ne signifie-t-elle pas le passage de l’Ancien Testament à la nouveauté du Christ ? Tous ces médecins inopérants, n’est-ce pas la 1re alliance… dans l’attente du médecin définitif, Notre Seigneur, qui va guérir. Cette femme comprend qu’avec Jésus, un lien vital s’opère. A 4 reprise, le verbe ‘toucher’ est utilisé. Plus tard St Jean pourra écrire : « Ce que nos mains ont touché du Verbe de Vie » (1 Jn 1,1). Avec cette femme, s’opère une transfusion de vie.

     Pour nous c’est, bien sûr, un appel à une foi vivante : « Ma fille, ta foi t’a sauvée ». Une foi active, qui ose braver les interdits. Cette femme était en impureté légale : elle ose toucher le vêtement du Christ. Une foi qui va à contre courant : la femme se fraie un chemin à travers la foule qui écrase Jésus. Une foi qui nous conduit à la ‘crainte’ c’est-à-dire à l’adoration.

 

3) Le 3ème personnage, c’est Jaïre et avec lui, on va encore plus profond.

     Comme la femme, il est juif ; comme elle il tombe aux pieds de Jésus, le reconnaît plus qu’un ‘maître’. Mais à travers lui, se dessine l’Eglise naissante : il y a Pierre, Jacques et Jean, les témoins privilégiés de la Transfiguration et de l’Agonie. Et l’Eglise est également présente à travers cette demande du Christ : « Il leur dit de la faire manger » : annonce du Pain véritable qu’est l’eucharistie, qui fait grandir dans le Seigneur. Mais on trouve aussi la communion des saints : Jaïre ne supplie pas lui lui-même, comme la femme malade, mais pour sa fille.

     L’Eglise prend donc forme progressivement. C’est la reconnaissance que c’est Jésus qui seul guérit : « je serai sauvé » s’exclame la femme. Qui guérit par ses sacrements où Dieu vient nous ‘toucher’, surtout par l’eucharistie. L’Eglise Corps du Seigneur où nous avons à intercéder les uns pour les autres. Les vacances vont nous séparer : restons unis dans l’amour du Christ, dans cette intercession les uns pour les autres, dans la reconnaissance du seul Sauveur.


 


 


 

Père Hervé Rabel