Père Hervé Rabel le 27 décembre 2015

                           Dimanche Ste Famille - Saint-Pierre - 27 décembre 2015

 

 

1) Cette famille en pèlerinage, n’est-ce pas l’Eglise en germe. Et d’abord, elle cherche

     Curieux, cet aller-retour vers Jérusalem ! Ils repartent, et puis ils retournent d’où ils viennent. Curieuse, cette attitude de Jésus « à l’insu de ses parents », curieuse cette attitude des parents, qui imaginent que leur fils est « dans le convoi des pèlerins ». Une sorte de partie de cache-cache. A 2 reprises, St Luc nous dit qu’ « ils cherchent ».

     A travers ces fêtes qui scandent notre année liturgique : Noël, Pâques, Noël qui préfigure Pâques, ce sont des invitations à nous relancer dans cette recherche du Christ. On risque de s’arrêter à la célébration : ‘On a eu une belle messe, de beaux chants…’, sans voir l’appel qui nous est lancé. Le Christ n’est jamais là où on pense qu’il est. On doit retourner à Jérusalem, lieu du mystère pascal. Pensez à ce que disait Pascal, à la suite de saint Augustin : ‘Tu ne me chercherais pas, si tu ne m’avais déjà trouvé !’. Cet enfant que l’on viens de fêter il y a 2 jours nous invite, non seulement à continuer à le chercher, mais à susciter aussi ce désir chez nos contemporains.

 

2) Non seulement cette famille en pèlerinage cherche, mais elle est frappée d’étonnement et souffre.

     C’est au bout de 3 jours que ces parents trouvent leur enfant, signe que cette recherche est tendue vers la résurrection. Dans le Temple, l’Ancien Testament, représenté par ces docteurs de la Loi, s’extasie devant la Nouveauté qui vient, mais la sainte famille s’étonne et souffre, car une rupture s’opère. C’est la dernière mention du père, de Joseph, qui va laisser place à Dieu, le véritable Père : « il me faut être chez mon Père ».

     L’objectif de la recherche de l’Eglise, ce n’est pas de refaire le monde, ni de donner une morale, c’est de mener les hommes vers le Père, vers le Ciel. Et ce chemin n’est pas aisé. Il passe par l’étonnement, c’est-à-à-dire par le décentrement, par ce bousculement de notre être, de nos habitudes. Il passe aussi, nécessairement, par la souffrance : car, comment atteindre Pâques sans passer par le Vendredi-Saint ? « Nous sommes au supplice » disent marie et Joseph ! Aller à la recherche de Jésus demande du courage, de la persévérance, de la patience et passe par la croix. Ne rêvons pas ! Noël, c’est la croix annoncée.

 

3) Cette famille ne comprend pas mais « garde dans son cœur tous ces évènements ».

     Jésus commence le dévoilement de sa véritable nature divine, qui prendra toute sa dimension à la résurrection. « Il me faut être chez mon Père ». En même temps, cet épisode dévoile l’humilité de cette venue de Dieu parmi les hommes : « il leur était soumis », car le Christ s’est soumis en tout, pour nous sauver. C’est l’annonce de tout le mystère de Dieu fait homme, qu’on vient de célébrer à Noël. Le père et la mère ne comprennent pas, mais la Vierge a cette mémoire du cœur qui va nourrir son pèlerinage de foi, annoncé par cette montée vers Jérusalem.

     Nous ne comprenons pas tout du mystère de Dieu, mais la grâce de Noël, c’est d’accéder à cette mémoire du cœur, par l’intercession de la Vierge et de saint Joseph, qui va pouvoir désenvelopper, jour après jour, la lumière du Verbe incarné. Laissons cette grâce nous envahir, afin que Jésus grandisse « en sagesse, taille et grâce » au plus profond de nous même, pour faire de nous de vrais témoins du mystère de Noël.

 

Père Hervé Rabel