Père Hervé Rabel le 26 avril 2015

                      4ème dimanche de Pâques ‘B’ - Saint-Pierre - 26 avril 2015

 

     Aujourd’hui, ‘Journée de prière pour les vocations’. La Parole de Dieu de ce dimanche peut éclairer le mystère d’une vocation.

 

1) La 1re lecture nous révèle que le Christ est seul Sauveur

     Cette notion de salut est aujourd’hui difficilement compréhensible… parce que l’idée même d’être pécheur s’est estompée. On fait des erreurs, des fautes, mais le péché ? Peut-être parce que la personne même de Dieu, de Dieu que l’on abime par le péché, est devenue plus floue. ‘Mon Dieu j’ai un très grand regret de vous avoir offensé…’ : y pensons-nous ? Or, une vocation, c’est vraiment se savoir sauvé par Dieu, pris par la main par lui pour être conduit… là où l’on n’aurait pas imaginé aller.

     « En nul autre que lui, il n’y a de salut » s’écrie Pierre. Accueillir l’appel de Dieu, c’est aussi ouvrir son cœur à l’universel : le Christ vient pour chaque homme et c’est lui seul qui sauve. Répondre à une vocation, c’est quitter ses petites sécurités, son confort, pour désirer annoncer le Christ-Sauveur à tous. Annoncer le Christ, le faire connaître, parler de Lui… ! C’est vraiment la 1re raison qui fait tout quitter pour Le suivre et le faire connaître.

 

2) La 2ème lecture, c’est de réaliser ce « grand amour »

     « Voyez quel grand amour nous a donné le Père… ». Il y a quelques dimanches, on avait ce passage de St Paul : « A cause du grand amour dont Dieu nous a aimés ». Et cet amour qui est le Christ, on l’a mieux perçu lors de la Semaine Sainte. Toute vocation est essentiellement une histoire d’amour. Entre le Christ et la personne qui répond. Sinon, on est ‘fonctionnaire’ de Dieu, ‘ministre du culte’ comme le dit l’Administration…

     C’est pourquoi réduire notre foi à un moralisme est la pire des choses. Et lorsque des personnes, bien intentionnées, nous parlent de ‘valeurs’… on n’est pas sur la même longueur d’onde. « Voilà pourquoi le monde ne nous connaît pas : c’est qu’il n’a pas connu Dieu ». Connaitre Dieu c’est en faire l’objet de notre amour, de notre vie. Le cardinal Sarah, dans son livre récent ‘Dieu ou rien’ écrit : « La foi ressemble à la réponse de deux fiancés ». Répondre à une vocation, à un appel, c’est exactement comme une fiancée répond à son fiancé.

 

3) l’évangile du jour, lui, nous parle du ‘Bon Pasteur’

     Il n’y a qu’un seul pasteur, le Christ, et celui qui répond positivement à un appel doit se laisser, jour après jour, configurer à Lui. Finalement, il s’agit de donner au Christ notre humanité, pour qu’à travers cette pauvre humanité, Il puisse continuer son œuvre de sanctification, d’enseignant et de bon berger. Donner toute sa personne, dans un élan joyeux, c’est pourquoi on ne peut être prêtre pour un temps seulement : on l’est pour toute sa vie.

     « Je donne ma vie pour mes brebis » dit Jésus, comme un époux donne sa vie pour son épouse. Il est difficile aujourd’hui de se donner complètement, on n’ose pas, on a peur… Mais c’est dans un élan de joie que l’on se donne, dans la confiance la plus totale. D’où le célibat sacerdotal, qui n’est pas d’abord une facilité pour la mission mais qui montre bien de don total, à la suite du seul pasteur, à l’Eglise. Et c’est vrai qu’ « il y a plus de joie à donner qu’à recevoir ». Aujourd’hui, on demande des prêtres heureux, rayonnant de la joie trinitaire : « Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Eternel est son amour ! » dit le psaume de ce jour…


 


 

Père Hervé Rabel