Père Hervé Rabel le 25 octobre 2015

                     30è dim. Tps. Ord. – St Pierre / St Jacques - 25 octobre 2015

 

 

1) « Appelez-le »

     Jésus sort de Jéricho, le lieu le plus bas du pays, comme le péché : le Christ passe dans nos vies pour nous faire sortir de Jéricho. Mais pour cet aveugle, c’est-à-dire, toute l’humanité, que d’obstacles pour cette rencontre ! D’abord il est aveugle, il est au bord du chemin et il y a cette foule entre lui et le Christ. Cette foule hostile au départ. Pourtant cet homme s’appelle « Bartimée » : ‘Fils de la Gloire’, car l’humanité est appelée à partager la gloire du Fils de David. Celui-ci s’arrête, début de la rencontre.

     Pourquoi donc Jésus s’arrête ? Mais parce que cet homme mendie, parce qu’il a soif de quelque chose. Parce qu’il est attentif au passage du Christ : il « entend » Jésus, malgré la foule, le bruit. Et il crie, il « crie de plus belle », il affronte cette foule qui le rabroue. Il nous faut crier, persévérer, être attentif à Jésus toujours présent. Parce qu’hélas, c’est nous qui ne sommes pas présents, attentifs, qui ne mendions pas cette rencontre, nous qu’un rien arrête, décourage… Qu’en est-il de notre désir de Dieu ?

 

2) « Que veux-tu que je fasse pour toi ? »

     Pour le moment la rencontre ne fait que s’esquisser, mais elle va s’approfondir. Le Christ parle alors directement à l’aveugle, parce que l’homme a su percevoir le signe donné par cette foule : « confiance, lève-toi ». Il a su aller à l’essentiel, jeter son manteau, pourtant son seul trésor, pour bondir et courir. Il n’est pas resté « au bord du chemin ».

     Débarrassé de tout ce qui l’entrave, l’encombre, cet homme peut alors entendre la parole que le Christ lui adresse personnellement : « pour toi ». Sommes-nous attentifs aux signes que le Seigneur ne cesse de mettre sur notre route ? Acceptons-nous de nous mettre en marche, en laissant l’accessoire, le ‘divertissement’ ? Avec le désir de Dieu, il nous faut aussi le discernement.

 

3) « Va, ta foi t’a sauvé »

     La rencontre n’est pas terminée. Il s’agit de porter du fruit. Le dialogue s‘est noué et l’homme va à l’essentiel : « Que je retrouve la vue ! ». Pour prendre le bon chemin, le chemin du Christ. Pour voir les merveilles de Dieu dans sa vie et autour de lui. Pour permettre au projet de Dieu de se réaliser : qu’il devienne homme, dans sa plénitude, à l’image du Christ, vrai ‘Fils de la Gloire’.

     Cet homme qui était « assis au bord du chemin », sans perspective, est désormais debout sur ce chemin qui a pour nom Jésus. « Il suivait Jésus sur le chemin ». Le salut, c’est cela, rencontrer le Christ en profondeur, lier avec Lui ce dialogue d’alliance, Le suivre sur le chemin des béatitudes pour, avec lui et par lui, répondre au projet du Père et obtenir la Vie en plénitude. Pour cela il faut désir, discernement, mais également courage de prendre le chemin du Christ.

 

 

 

Père Hervé Rabel