Père Hervé Rabel le 22 novembre 2015

                 Christ-roi 2015 - Saint-Pierre / Saint-Jacques - 22 novembre 2015

 

 

1) Un constat : « Ma royauté n’est pas de ce monde »

     Devant les évènements de ces derniers jours, on pourrait se décourager, et même se désespérer. En effet, on ne voit pas régner le Christ en ce monde ! Il paraît bien absent. Où était Dieu au Bataclan, aux terrasses des cafés ? Est-ce Dieu qui est devant Pilate, qui a été livré et qui bientôt, va être mis à mort ? Dieu fragile, vulnérable qui pleure devant la violence, la folie des hommes.

     Restons lucides, les hommes ne sont pas bons, le péché originel nous marque, chacun de nous. Mais nous sommes néanmoins invités, en ces jours terribles, à raviver en nous la vertu d’espérance. Daniel écrit bien, pendant la persécution d’Antiochus Epiphane, 160 ans avant le Christ : « je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ». Et l’Apocalypse, également un moment de violentes persécutions, annonce « la grâce et la paix de la part de Jésus-Christ ».

 

2) Un appel : « ils le verront, ceux qui l’ont transpercé »

     Notre Seigneur a été élevé en croix, transpercé, pour nous délivrer de nos péchés par son sang. C’est Lui qui est notre espérance, pas une vague idée, encore moins une idéologie, un désir de vengeance, ou un repli frileux sur nous-mêmes. Il faut donc lever les yeux vers Lui, le contempler longuement. Qui va garder la flamme de l’Espérance, sinon, nous chrétiens de France ? Imitons la Ste Vierge, elle qui se tenait debout, au pied de la croix., c’est-à-dire, remplie de la force venue d’en-haut.

     C’est évidemment un appel à la prière, non pas une petite prière, en passant, mais de longs moment devant le Seigneur. De nombreux moments d’adoration sont proposés à la paroisse : venons supplier Celui qui a pris au piège toute violence, toute mort par sa mort offerte pour nous. Nos frères d’Orient nous avaient prévenus : ce qui se passe chez nous va se passer chez vous. Ils souffrent beaucoup plus que nous. Unissons-nous à leur prière.

 

3) Une action à mener : « rendre témoignage à la vérité »

     Nous sommes en guerre, on l’a dit et redit ; on ouvre enfin les yeux, souhaitons qu’il ne soit pas trop tard. Et c’est la France qui est visée, le communiqué de Daesh spécifiait bien ‘La capitale des abominations et de la perversion, celle qui porte la bannière de la croix en Europe’.

     Cette guerre est l’affaire de chacun, pour nous catholiques, elle est culturelle et spirituelle. La culture libertaire, le déni de notre identité, de notre histoire, de notre foi catholique, ont fragilisé, depuis des décennies, notre pays. Un pays qu’on nous a appris à détester, à mépriser. Une France qui nie ses racines est un pays moribond. Encore mercredi, l’Association des maires de France appelait à faire disparaître une fois pour toute les crèches dans les lieux publics, demande aux élus d’adopter une neutralité radicale dans les offices religieux. L’idéologie laïciste dans toute sa splendeur ! Et finalement, le meilleur allié de l’intégrisme islamiste. N’ayons pas peur de « rendre témoignage à la vérité », pour le Bien commun, pour refonder notre identité qui, seule, sera capable d’accueillir la diversité des hommes de bonne volonté.

Père Hervé Rabel