Père Hervé Rabel le 20 septembre 2015

          25ème dimanche du temps ordinaire ‘B’ - Saint-Pierre - 20 septembre 2015

 

     Pourquoi cet enfant est-il placé au milieu des disciples et nous est-il donné en modèle par le Christ ? – Ce n’est d’ailleurs pas la seule fois - Parce qu’un enfant a 3 caractéristiques, qui sont finalement demandées à chaque chrétien :

 

1) Tout d’abord, un enfant est conscient de sa fragilité

     Et il ne grandit que par l’amour de ses parents. Chacun de nous est fragile : humainement, psychologiquement, spirituellement. Et ce qui nous fragilise le plus, ce sont nos péchés. Les disciples, eux « avaient discuté pour savoir qui était le plus grand ». Tout l’inverse ! Ils ne veulent pas se reconnaître fragiles, pas plus que pécheurs…

     Or notre Dieu s’est fait fragile, de la crèche à la croix et Il ne pourra nous rejoindre que si nous reconnaissons, comme un enfant, que nous sommes fragiles, que nous avons besoin de son amour. C’est par sa pauvreté qu’Il nous enrichit, c’est par sa faiblesse qu’Il nous fait devenir forts. C’est tout le sens de la messe où Dieu se présente dans cette pauvreté de l’hostie pour nous faire rendre participants de sa divinité. La condition, bien entendu, c’est que nous reconnaissions pécheurs. Et, du coup, si nous nous reconnaissons fragile, nous pourrons avoir un autre regard sur nos contemporains, tant marqués par les fragilités de notre société.

 

2) L’enfant, c’est également un être qui fait confiance

     Qui s’abandonne dans les bras de son père, de sa mère, parce qu’il sait bien que jamais, ils ne le laisseront tomber. Un être qui fait confiance aussi à cette vie qui s’ouvre devant lui, et qui va déployer toutes ses forces pour avancer dans l’existence. Les disciples, eux, « ils avaient peur ». Or, vous savez que le leitmotiv de toute la Bible, c’est : ‘N’aie pas peur ! Ne crains pas !’

     Etre croyant, c’est bien faire confiance à ce Dieu qui jamais ne nous lâchera. Accueillir dans la confiance ce Dieu qui nous fait confiance. Un échange de confiance, en quelque sorte. Confiance en Dieu, quelque soient nos fragilités, notre péché. Il ne nous laissera jamais tomber ; bien au contraire, si nous l’acceptons, Il nous relancera toujours dans l’Espérance. Et à chaque messe, Il nous redit : ‘Je te fais confiance, je compte sur toi’. Mais à condition, bien sûr, que nous acceptions cette main tendue, c’est-à-dire que nous acceptions de nous convertir, de prendre le bon chemin. Et, de ce fait, nous pourrons faire confiance avec moins de réticence à ceux qui nous entourent.

 

3) Enfin, l’enfant, c’est quelqu’un capable de s’émerveiller

     ‘Rien de pire qu’une âme habituée’ disait Péguy, une âme blasée… S’émerveiller devant ce monde qui nous est confiée, s’ouvrir à la nouveauté, avoir soif d’apprendre, de découvrir. Avoir cette attitude qui privilégie l’action de grâce. Les disciples, eux, « ne comprenaient pas (…) se taisaient », bref, se bloquaient, se renfermaient sur eux-mêmes…

     Or notre Dieu est Celui qui s’émerveille non seulement en lui-même, au sein de la Trinité, mais devant chacune de ses créatures et, pour le rencontrer, il nous faut nous émerveiller. Pour être sur sa longueur d’onde. S’émerveiller, c’est-à-dire se sortir de soi, s’extirper de son péché, de ses limites. Un père, une mère, s’émerveille devant son enfant, tout en n’étant pas dupe de ses limites. Notre Dieu est comme ça, on ne pourra pas le changer. Mais nous, nous sommes invités à changer, à nous convertir, à être capable de nous détourner de nous-mêmes pour entrer dans les sentiments mêmes de ce Dieu qui nous appelle à rendre grâce : n’est-ce pas toute la signification de chacune de nos messes ? La situation actuelle n’est pas évidente ; cependant gardons cette capacité de remercier, de nous émerveiller.

 

 Père Hervé Rabel