Père Hervé Rabel le 19 avril 2015

                       3ème dimanche de Pâques ‘B’ - Saint-Pierre - 19 avril 2015

 

     « Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement ».

 

1) « Dans leur joie… »

     Le propre du chrétien n’est-il pas d’être dans une joie, et une joie paisible ? « La paix soit avec vous », viens de leur dire le Christ et ils sont dans la joie. Pas de grandes manifestations mais cette certitude que quelqu’un est là, bien présent, à travers les hauts et les bas, les difficultés et les moments de bonheur. Le Christ « fut présent au milieu d’eux » précise St Luc. De fait, certitude qu’il est présent, au milieu de nous, nous accompagnant. N’est-ce pas l’essentiel, au moment où tant de violences se déchaînent, où une sorte de tristesse étreint notre société.

     « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? ». Ne soyons pas bouleversés, comme ceux qui n’ont pas d’espérance. Au contraire, continuons d’avancer, armés de l’Esprit de courage, de persévérance. « N’ayez pas peur ! » : cette 1re phrase de saint Jean-Paul II doit continuellement résonner au plus profond de notre être.

 

2) « Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire… »

     On sent qu’ils sont comme en déséquilibre dans leur acte de foi. Trop beau pour être vrai, à la limite. Mais la foi n’est pas un bloc de certitudes, elle un chemin que l’on fait ensemble. Et ce n’est pas pour rien que St Luc mentionne les onze apôtres et leurs compagnons. Il n’est pas possible de vivre sa foi en dehors de l’Eglise. Voyez les pèlerins d’Emmaüs : ils retournent avec empressement à Jérusalem, le lieu de l’Eglise naissante.

     Et comme pour ces 2 disciples, Jésus « ouvrit leur intelligence à la compréhension des Ecritures ». Car la foi, vécue en Eglise, se nourrit de la cohérence de l’Ecriture, de la connaissance du « Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob », de Celui qui se révèle comme faisant alliance. Il ne s’agit pas là d’émotions, de sentiments, mais bien de l’intelligence : foi et raison sont comme 2 lumières qui nous éclairent un chemin sûr, comme le disaient Jean-Paul II et Benoît XVI…

 

3) « ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement ».

     Qu’est-ce que l’étonnement, si ce n’est cette ouverture à la nouveauté. Aujourd’hui, le risque n’est-il pas d’être blasés, revenus de tout ? Il y a vraiment une disponibilité à l’Esprit à avoir, à son inventivité. Ne soyons pas des âmes mortes ! Que dit l’Esprit à l’Eglise : sans doute, en écho aux paroles du pape François : ne pas ‘gérer’ ne pas être crispés, ne pas tomber dans la mondanité. Mais avoir un cœur généreux, ouvert à la miséricorde.

     Etre « saisis d’étonnement », n’est ce pas également avoir cette disposition à l’émerveillement ? « A vous d’en être les témoins », c’est la phrase qui termine notre évangile. Emerveillement de participer à la mission du Christ, avec toutes nos limites. Emerveillement d’être créés, rachetés, aimés à la folie et appelés à collaborer à l’œuvre de salut du Christ ressuscité. ‘Allez ! Je vous passe le relais’, semble nous dire le Christ. Répondons généreusement à son appel. « A l’instant même, ils se levèrent » écrit St Luc pour les disciples d’Emmaüs : et nous… ?

    

 

 

 

 

 

Père Hervé Rabel