Père Hervé Rabel le 16 août 2015

                    20è dimanche temps ordinaire - Saint-Pierre - 16 août 2015

 

 

     Poursuivons méditation dominicale sur chap. 6 de S. Jean ‘Le Discours sur le Pain de Vie’. Dans ce passage, mouvement très net : invités à aller de la vie… à la Vie, en passant par le Pain vivant. 3 points : la vie, le Pain vivant… la vie.

 

1) Et tout d’abord : la vie

     Dans ce bref passage Evangile, à 9 reprises : la vie, vivant, vivre. Mot ambivalent : il y a vie… et vie. On peut vouloir simplement ‘s’éclater’, vivre à la superficie de notre être. En réalité on n’est plus vivant, on est mort ! On ne fait qu’épuiser petit à petit les forces biologiques données par la nature. Dans l’encyclique Laudato si, le pape François évoque cette ‘fugacité qui nous mène dans une seule direction, à la surface des choses’ Et il précise : ‘Il devient difficile de nous arrêter pour retrouver la profondeur de la vie’ (§ 113).

     Le Christ ne nous propose pas une ‘autre vie’, mais de vivre autrement, en profondeur. Cela s’appelle la ‘vie éternelle’ : pas quelques années, quelques siècles, en plus mais une vie substantiellement autre. Cette vie que le Père veut nous donner, pour laquelle nous avons été créés. Parce que nous avons été créés, et rachetés, pour Dieu qui est la Vie.

 

2) Il y a donc une invitation à passer la le Pain vivant

     ‘Passer’, c’est-à-dire vivre une Pâque. Ce passage, le Christ qui s’est fait homme pour que nous ayons la Vie, l’a réalisé en 1er : la croix. Par cette croix, a pris la mort au piège : elle croyait avoir gagné, elle a perdu car, en lui, la Vie était plus forte. Parce qu’il a vécu pleinement pour les autres, pour le don, ce qui est le projet du Père qui n’est que don, au sein du mystère trinitaire.

     La vie du Christ est ‘pour nous’, pour que nous ayons la vie en plénitude. D’où cette merveilleuse invention de l’eucharistie : car qu’est-ce qui nous nourrit, qui nous fait vivre, si ce n’est manger et boire. Si ce n’est assimiler pain et vin pour qu’ils nous fassent vivre et grandir.

 

3) Par le Pain vivant, nous passons de la vie… à la vie en plénitude.

     Car ici va s’opérer un ‘admirable échange’ (la Prière sur les offrandes reprendra cette expression). Si nous assimilons le pain et le vin, pour avoir la vie, le ¨Pain vivant, qui est plus fort que nous, nous assimile. Admirable échange, nous offrons notre pauvre foi, nous recevons la Vie divine, la vie de celui qui a dit : ‘Je suis la Vie’.

     Cette Vie en plénitude, ‘vie éternelle’, n’est-elle que pour ‘après’ ? Oui… et non ! On le voit, ce passage Evangile oscille entre le présent et le futur. Dès aujourd’hui, si nous acceptons de ‘demeurer’ dans le Christ, sa Vie nous transfigure, imperceptiblement, dans l’attente de notre résurrection, corps et âme. La solennité de l’Assomption, que nous venons de célébrer, nous en donne la promesse : comme la Ste Vierge, nous sommes appelés à partager pleinement la Vie, la Gloire de Dieu.

 

 

Père Hervé Rabel