Père Hervé Rabel le 15 mars 2015

                           4ème dimanche de carême ‘B’ - Saint-Pierre - 15 mars 2015

 

     « Vous êtes sauvés… pour que le monde soit sauvé ». On peut s’interroger sur cette expression, ‘être sauvé’ : que signifie-t-elle ? D’autant plus qu’aujourd’hui, éprouve-t-on le désir d’être ‘sauvé’ ? Se sent-on vraiment blessé, ayant besoin d’être guéri ?

 

1) Etre sauvé : c’est d’abord de Dieu dont il s’agit !

     Le plus bel exemple dans l’évangile, c’est le père de l’enfant prodigue. C’est lui qui est anxieux, c’est lui qui guette. Etre sauvé, cela concerne d’abord notre Dieu : c’est lui qui est 1er ! « A cause du grand amour dont Il nous a aimés » écrit St Paul. « Sans attendre et sans se lasser, il leur envoyait des messagers » nous dit le Livre des Chroniques…

     Lorsque nous parlons du salut, ne partons surtout pas de nous-mêmes. Il ne s’agit pas d’abord de nous, mais de cet amour fou de Dieu, qui nous invite à entrer dans cet amour. Etre sauvé, c’est répondre à cet amour qui nous précède, afin de faire dilater le cœur de Dieu. Comme l’enfant à qui l’on tend les bras et qui vient se jeter dans les bras grands ouverts de ses parents, tellement il a besoin d’eux.

 

2) Etre sauvé, ce sont des retrouvailles

     Regardez la 1re lecture : on parle de « la fureur grandissante du Seigneur ». Traduisons : il s’agit de l’angoisse, de l’anxiété d’un père, devant l’ingratitude d’un fils. Tous les parents connaissent cela, un jour ou l’autre. C’est un amour blessé dont il s’agit, et qui va réagir : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » : il va faire monter la densité, la force de son amour. Son amour qui va s’approfondir, s’enrichir …

     Lorsque nous parlons du salut, regardons le cœur du Christ, qui nous montre ce « Dieu riche en miséricorde ». Un amour tout à fait gratuit, parce que Dieu ne peut pas ne pas aimer sa création, l’aimer à la folie. Comme ces parents dont l’amour va être buriné par les épreuves que leurs enfants vont leur infliger. Entre sauvé, c’est consoler notre Dieu, meurtri par son élévation sur la croix, conséquence de cet amour fou, qui trouve si peu de réponse de notre part, tant d’ingratitude !

 

3) Etre sauvé, c’est enfin une joie

     Attention, pas une joie pour nous ! Nous célébrons le dimanche de ‘Laetare’, de la joie. De la joie de Dieu. Parce que, par le Christ, il veut que son projet d’amour réussisse. N’est-ce pas le désir de tout parent : que son enfant réussisse ? Parce que les hommes, par le Christ, vont pouvoir prendre toute leur stature, abimée, rapetissée par le péché : « afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle ». Joie des parents qui voit leur enfant devenir un adulte.

     La 1re lecture insiste sur la Maison, la Demeure. Dieu a préparé à tous ses enfants une demeure, un peu comme cette maison de famille où les parents accueillent avec bonheur leurs enfants et petits enfants. Cette demeure, c’est le nouveau Temple, le cœur ensanglanté du Christ, cet amour blessé. Le roi Cyrus, qui va bâtir une maison, annonce le Fils qui nous ouvre la demeure du Ciel. Alors, être sauvé, n’est-ce pas d’abord et principalement de notre Dieu dont il s’agit : ce Dieu qui sollicite notre réponse, afin que nous puissions consoler son Cœur meurtri, et ainsi le combler de joie.


 

Père Hervé Rabel