Père Hervé Rabel le 13 décembre 2015

3ème dim. de l’Avent ‘C’ - Saint-Pierre – (Entrée Année de la Miséricorde) 13.12.2015

 

1) Cette Année de la Miséricorde, c’est une déclaration d’amour du Seigneur

     Elle a d’ailleurs commencé mardi, en la fête de l’Immaculée Conception : « Je te salue, toi qui es comblée de grâce ». Mais la Vierge n’est-elle pas la figure de tout chrétien ? A chacun de nous, Dieu fait une déclaration d’amour : « Je te salue, réjouis-toi, toi que je veux combler de mon amour ! ». Parce que je désire que tu deviennes ma joie : « Il exultera pour toi et se réjouira » écrivait Sophonie.

     Bien sûr, nous vivons un temps d’extrême violence, de toute sorte. Bien sûr, notre société se désagrège. Mais raison de plus pour que notre Dieu se fasse plus insistant : « Le Seigneur […] a écarté tes ennemis […]. Tu n’as plus à craindre le malheur » nous redit Sophonie. Tu n’as pas à avoir peur, puisque tu es ma joie, mon trésor. Ne sommes-nous pas le 3ème dimanche de l’Avent, dimanche de la Joie ? A travers la tristesse d’aujourd’hui, Dieu veut nous remplir de cette joie de se savoir aimés, choisis « Pousse des cris de joie, fille de Sion ! ».

 

2) Cette déclaration d’amour, elle sollicite notre réponse

     Et tout d’abord le regarder. Le Cantique d’Isaïe, qui est notre réponse à Sophonie, ne dit-il pas : « Voici le Dieu qui me sauve, j’ai confiance, je n’ai plus de crainte ». Un appel à redécouvrir son Visage, qui est celui de Notre-Seigneur, qui est celui du vrai visage de Dieu, alors qu’on nous présente tant de faux-dieux : ce dieu du terrorisme, qui n’est que blasphème, et tous ces dieux occidentaux, de la consommation, de l’individualisme, des droits qui s’entassent : toutes ces idoles.

     La Vierge a accueilli pleinement cette proposition d’amour, mais elle était sans péché. Nous, qui sommes pêcheurs, laissons-nous transformer par cet amour : « Il te renouvellera par son amour » écrit Sophonie. Laissons-nous renouveler, recréer par le sacrement du pardon. « Il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël » affirme le Cantique : en nous confessant, nous laissons la grandeur de Dieu envahir notre petitesse. Dans l’évangile, Jean-Baptiste parle de « Celui qui est plus fort que moi » : laissons le Fort envahir notre faiblesse.

 

3) Et c’est sur cet Amour que l’on doit s’appuyer

     Nous sommes, à juste titre, troublés, désarçonnés, par les évènements qui nous touchent en plein cœur. Mais aussi par tant d’autres drames, plus intimes. Et la Parole de ce jour nous dit : « Ne soyez inquiets de rien […] la paix de Dieu […] gardera vos cœurs ». Chacun de nous est aimé à la folie, cette Année de grâce est là pour nous le redire et c’est cet Amour qui doit nous stimuler, nous faire repartir si on se désespère. « Ma force et mon chant, c’est le Seigneur » dit le Cantique. Pas notre faiblesse, mais le Seigneur qui vient l’habiter.

     C’est pourquoi nous devons devenir des missionnaires de la miséricorde, l’ayant expérimentée comme disciples. Regardez ce que dit Jean-Baptiste : « Le peuple était en attente ». Nos contemporains ne sont-ils pas en attente ? Et la réponse à nos drames n’est-elle pas d’abord spirituelle : une réforme intellectuelle, morale et spirituelle ? « Que devons-nous faire ? » demandait à Jean-Baptiste ce peuple en attente. St Paul donne la réponse : « Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes » : avoir ce regard de miséricorde, viril et courageux, où amour et vérité se rencontrent. La réponse de Jean-Baptiste est très concrète ; nous avons ces œuvres de miséricorde qui nous sont proposées : laquelle est pour nous ? « Annoncez parmi les peuples les hauts faits du Seigneur ! » : c’est l’invitation du Cantique d’Isaïe. Vivons courageusement cette année sainte, enveloppé par la Miséricorde.

 

Père Hervé Rabel