Père Hervé Rabel le 12 avril 2015

                       2ème dimanche de Pâques ‘B’ - Saint-Pierre - 12 avril 2015

 

     « Que nous comprenions toujours mieux quel baptême nous a purifiés, quel Esprit nous a fait renaître et quel sang nous a rachetés » (prière d’ouverture)

 

1) « Quel baptême nous a purifiés »

     A Pâques, nous avons renouvelé les promesses de notre baptême. Avec sérieux, j’imagine, en en voyant les enjeux. Alors, finalement, sur quoi nous sommes-nous engagés ? Sortons-nous de ces fêtes de Pâques en étant marqués par la nouveauté de la résurrection. Et si oui (j’espère !) sur quel point ? Nous célébrons le dimanche de ‘la Divine Miséricorde’ : être miséricordieux, c’est avoir le cœur même de Jésus. Acceptons-nous d’être ‘cristifiés’ ?

     Saint Jean-Paul II et Benoît XVI ont évoqué l’ ‘apostasie silencieuse’ de nos pays. Finalement, cette langueur, cette indifférence, cette façon de vivre ‘comme si Dieu n’existait pas’. Attention : cela nous guette ! Or on ne peut pas, aujourd’hui, ne serait-ce que par respect envers nos frères persécutés, ne pas devenir des ‘disciples missionnaires’ ! En prenons-nous les moyens ? Dimanche de la miséricorde : puisons-nous à la source, avec le sacrement de la confession, par exemple… ? Ce pardon de Dieu qui fait de nous un cœur miséricordieux.

 

2) « Quel Esprit nous a fait renaître »

     Nous allons vers la Pentecôte, qui ne fait qu’un avec Pâques. Supplions-nous l’Esprit-Saint de mettre en nous l’audace des commencements, le doux courage du témoignage… ou bien allons-nous continuer à ronronner ? Notre société est violente, sans pitié pour le faible : demandons à l’Esprit de nous tracer des nouveaux chemins de miséricorde, qui est bien différente de la tolérance, mais qui est attention aimante à chacun. « Amour et vérité se rencontrent » dit le psalmiste…

     Dans la paroisse, nous avons le Parvis des Talents, attention portée à ceux qui sont en recherche d’emploi, mais aussi cette équipe de divorcés et divorcés/remariés : attention portée à ceux qui se sentent mal aimés, mal compris. Nous avons parlé aussi du projet de patronage à St Jacques ; et le 31 mai, la Journée des familles nous conduira au cœur de la signification du mariage chrétien. Il faut, disait le pape François « que nos communautés deviennent des iles de miséricorde au milieu de la mer de l’indifférence ».

 

3) « Quel sang nous a rachetés »

     ‘Quelle belle messe, quelle belle cérémonie…’ : qu’est-ce que ça veut dire ? Il n’y a pas de ‘belle messe’, il y a la Passion du Seigneur dont nous sommes rendus contemporains à l’autel. Il s’agit de renouveler notre amour de Jésus qui a souffert tout cela pour faire entrer dans la gloire. Comment pourrions-nous vivre notre foi superficiellement, pendant que nos frères d’Orient participent à la Passion du Christ ?

     Dimanche dernier, interrogé sur la laïcité agressive qui se manifeste et sur la place des musulmans en France, Mgr Vingt-Trois remarquait à juste titre : « L’islam prendra la place de 1re religion si les catholiques ne sont pas capables de vivre leur catholicisme ». L’évangile de ce jour ne porte pas tant sur St Thomas que sur l’amour du Christ manifesté dans ses plaies : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Ce temps pascal doit nous inciter à vivre et à témoigner de l’amour du Christ miséricordieux. Dans son message de Pâques, le pape l’a rappelé : « Celui qui porte en soi la force de Dieu […] parle et agit avec la force de la vérité, de la beauté et de l’amour ». Vaste programme, où chacun est appelé à prendre toute sa place.

 

 

 

 

Père Hervé Rabel