Père Hervé Rabel le 11 janvier 2015

                             Baptême du Seigneur - Saint-Pierre - 11 janvier 2015

 

1) « En toi, je trouve ma joie » : c’est la traduction actuelle…

     Ce baptême, c’est le début de la mission de Jésus : il est envoyé en mission, poussé par l’Esprit, pour que le projet du Père réussisse. Ce projet c’est, bien sûr, que toute la création soit récapitulée dans le Christ, pour la gloire du Père. Et c’est bien pour cela que la Fils va faire la joie du Père, parce qu’il va aller jusqu’au bout de cette mission. Joie, fierté d’un père qui sait qu’il pourra compter sur son fils : on le sait bien, si l’on est père, ou mère, sur cette terre.

     Ce baptême, il se passe « en ces jours-là », dans les derniers jours, ces jours où nous sommes. Et c’est à nous, membre du corps du Christ, devenus fils par notre propre baptême, de faire, à notre tour, la joie de notre Dieu. Si nous sommes créés, et recréés dans le Christ, c’est bien pour faire la joie de Dieu: tu es appelé à faire la joie de Dieu ! Appelé à entrer dans cette joie de Dieu, qui s’appelle l’Esprit-Saint. Nous avons, comme fils et fille de Dieu, a faire la fierté de notre Dieu. Et c’est ça être sauvé : correspondre à ce pour quoi nous avons été créés… Au moment où les peurs, les replis sur soi, risquent de nous envahir, nous avons à rappeler que nous sommes créés pour la gloire de Dieu.

 

2) Autre traduction : « En toi, j’ai mis tout mon amour »

     C’est l’ancienne traduction de la liturgie, celle que nous avons utilisée jusqu’à l’an dernier. Le Père qui dit à Jésus : ‘en toi, j’ai mis tout mon Esprit-Saint, qui est notre amour commun, notre joie commune de se donner l’un l’autre’. Le Fils, qui est cet Amour reçu se donne entièrement, car un amour vrai ne peut qu’être don de soi. C’est bien pourquoi la voix l’appelle « le fils bien-aimé ». Le Fils est envoyé en mission, mais il n’est pas tout seul, il sait qu’il pourra compter sur l’amour du Père, la force de l’Esprit.

     Mais c’est exactement la même chose pour nous. Tout seul, nous ne pouvons faire la joie du Père : c’est pour cela qu’Il se donne à nous, c’est pour cela qu’à chaque messe nous sommes ‘remplis de l’Esprit-Saint’. Dieu ne peut pas nous donner plus, puisqu’Il donne TOUT son amour : puisqu’Il se donne pleinement, à notre baptême et parce qu’à chaque messe, il renouvelle ce don. Et puisqu’il se donne, cela signifie qu’il nous fait entièrement confiance, et qu’il compte sur nous. Et ainsi, s’il répond à ce désir de Dieu, chacun devient ‘le Fils bien-aimé’. C’est pour cela que St Jean, dans sa 1re lettre, appelle les disciples de Jésus « Bien-aimés »… En ce moment où la violence, la haine paraissent si présentes, nous avons à recevoir notre force de ce Dieu d’Amour, et du Prince de la Paix que nous avons fêté à Noël.

 

3) Une 3ème traduction : « Il m’a plu de te choisir »

     C’est la traduction de la Bible de Jérusalem, ou de la Traduction Œcuménique de la Bible. Ou encore : « Tu as toute ma faveur ». L’accent est alors moins mis sur la joie, sur l’amour, que sur le choix. Le baptême de Jésus, c’est son élection par le Père, en vue de la mission. Dans le passage d’Isaïe, nous avons bien : « ma parole qui sort de ma bouche ne me reviendra pas sans avoir accompli sa mission ».

     Et pour nous, aujourd’hui, il y aura en écho, lors de la Transfiguration (9,7) : « Celui-ci est mon fils bien-aimé : écoutez-le ! ». En effet, nous ne pouvons accomplir notre mission, qui est de faire la joie du Père, rempli de l’amour de l’Esprit, qu’en écoutant le Fils, le Bien-aimé. Nous qui avons été choisis gratuitement, nous avons, à la suite du Fils, à donner gratuitement. C’est pour cela qu’Isaïe peut dire : « Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer ». En ces temps si troublés que nous vivons, n’ayons pas peur d’être les témoins de ce Dieu venu partager notre misère, pour être vainqueur de toute violence, de toute haine et de tout rassembler en Lui, pour la gloire du Père.

 

 

 

 

 

Père Hervé Rabel