Père Chollet le 9 octobre 2016

9 octobre 2016.       Homélie de la messe de 11 h. 45.

 

(Lecture du message de l’évêque, puis bref dialogue avec les confirmands)

 

Il me semble que trois points du message de notre évêque vous concernent tout particulièrement, vous les confirmands :

«  Faire mémoire de l’action du Seigneur, un temps de conversion et de nouveau départ. »

- Faire mémoire de l’action du Seigneur : déjà vous êtes riches de toute une vie d’Église que vous menez à la paroisse, à l’aumônerie, dans votre famille ; vous avez été baptisés, vous participez à l’eucharistie, vous lisez la Parole de Dieu. Le don renouvelé de l’Esprit Saint dans le sacrement de la confirmation va mener votre initiation chrétienne à sa plénitude et faire de vous des chrétiens qui prennent modèle sur le Christ.

- Un temps de conversion : par cette préparation à la confirmation, vous prenez conscience de tout ce qui vous sépare de la vie évangélique ; vous savez bien que parfois le découragement vous guette, bien des sollicitations dans les loisirs ou les rapports les uns avec les autres vous empêchent, comme nous tous, d’être complètement en phase avec les appels du Christ. Mais les justement les sacrements (réconciliation, eucharistie) nous sont offerts pour renouer le lien avec Jésus et avec nos frères quand ce lien a été rompu.

- Un nouveau départ : vous ne pouvez pas vous contenter de ce que vous avez toujours fait ; la confirmation sera pour vous une étape décisive ; à vous d’être inventifs pour être les chrétiens du XXI ème siècle et donner à l’Église son nouveau visage missionnaire !

 

Mais ce nouveau visage de l’Église ne surgit pas du néant, toute une histoire nous précède et c’est cette histoire que vient rappeler la célébration du cinquantième anniversaire de notre diocèse. Je reviens brièvement sur cette hsitoire.

 

 

Pourquoi de nouveaux diocèses en 1966 (Créteil, Évry-Corbeil-Essonnes, Nanterre, Pontoise, Saint-Denis en France) ?

Ce nouveau découpage a été souhaité par les évêques de Paris et de Versailles à l’époque pour rapprocher l’évêque de son peuple et permettre une conscience ecclésiale plus forte, dans le sens d’une réelle fraternité, alors que dans les vastes diocèses antérieurs elle était plus diluée.

Cela correspondait bien au grand élan missionnaire que le Concile Vatican II s’efforçait de susciter à l’époque, avec ses intuitions concernant la nature de l’Église. Concevoir le diocèse non pas comme une simple circonscription administrative, mais en faire une communauté fraternelle envoyée en mission annoncer la Bonne Nouvelle du Christ ressuscité !

Cette conception renouvelée de l’Église universelle et de l’Église particulière qu’est un diocèse est parfaitement bien exprimée dans la dynamique des images qui sont utilisées dans les documents du Concile pour en faire comprendre la nature profonde : c’est le bercail dont le berger est le Christ, c’est le terrain de culture ou la vigne choisie du Seigneur, c’est la construction fondée sur la pierre angulaire, c’est l’habitation de Dieu dans l’Esprit... Et nous sommes les pierres vivantes qui entrent dans la construction, comme l’écrit la 1ère lettre de St Pierre.

Dans cette Église particulière, l’évêque remplit une fonction irremplaçable.

Notre premier évêque, le Père Jacques Delarue le répétait souvent « l’évêque, c’est un Apôtre », et la constitution dogmatique sur l’Église (Lumen Gentium) le précise : »La mission divine confiée par le Christ aux apôtres est destinée à durer jusqu’à la fin des siècles (cf. Mt 28, 20) étant donné que l’Évangile qu’ils doivent transmettre est pour l’Église principe de toute sa vie, pour toute la durée du temps. (...) Ainsi donc en, la personne des évêques assistés des prêtres, c’est le Seigneur Jésus-Christ, Pontife suprême, qui est présent au milieu des croyants ».

Notre diocèse, comme tous les autres, est avant tout une communauté de croyants : la même constitution dit encore « Le bon vouloir de Dieu a été que les hommes ne reçoivent pas la sanctification et le salut séparément, hors de tout lien mutuel ; il a voulu en faire un peuple qui le connaîtrait selon la vérité et le servirait dans la sainteté. »

Avons-nous réellement conscience de former un « peuple » avec des liens organiques, ou sommes-nous simplement un agrégat d’individus, de bonne volonté, sans doute, sans réelle volonté d’être ferments d’unité et de sainteté au milieu du monde. Prions-nous souvent pour notre évêque ? Avons-nous déjà visité la cathédrale de notre diocèse et participé à des célébrations diocésaines ? Il ya peu, le jubilé des catéchistes y a rassemblé des animateurs de catéchisme, d’aumônerie, des accompagnateurs du catéchuménat des adultes. Nombreux étaient ceux qui venaient de Neuilly et tous ont témoigné de l’expérience particulièrement forte qui leur a fait prendre conscience de cette appartenance à une même famille de croyants, unis par une même foi.

Nous connaissons les défis que l’Église tout entière doit affronter aujourd’hui : défi de la sécularisation, perte de la culture chrétienne qui était il y a peu encore au fondement de notre société, individualisme qui aboutit au repli sur soi : par notre baptême, nous avons été faits « membres de la famille de Dieu, prêtres, prophètes et rois. » Puisse ce cinquantenaire renouveler en nous l’énergie de l’Esprit et permettre à tous de retrouver leur vocation de disciples-missionnaires, pour reprendre l’expression qui est le »fil rouge » de notre année pastorale.

                                                                                               Pierre Chollet