Père Chollet le 2 octobre 2016

1er-2 octobre 2016 .         Homélie de la messe de 11 h.

 

En ce dimanche où reprennent de nombreuses activités paroissiales en vue de l’évangélisation, la 2ème lecture et l’évangile nous apportent des éléments de réflexion particulièrement intéressants.

Le début du ch. 17 de St Luc, regroupant qques paroles de Jésus, évoque bien les problèmes de toute communauté chrétienne. Deux éléments sont retenus par le lectionnaire : la question de la foi et celle du service, tandis que la lettre à Timothée nous propose qques moyens pour les mettre en œuvre concrètement, sans nous contenter de mots ou simplement de bonnes intentions.

 

1) La foi nous est présentée avec une image très forte, celle de la capacité à déraciner un grand arbre et à le transplanter. Il ne faut pas prendre cette image à la lettre (quel serait l’intérêt d’une telle opération ?) mais en comprendre la portée : la foi dépasse nos propres forces, elle ne tient pas à nos capacités mais elle vient de Dieu. Il nous faut accepter de nous déposséder et de trouver en l’autre qui est Dieu la source de notre vie. En nous présentant comme des croyants, et en étant conscients de notre vocation de disciples missionnaires, (reportez-vous aux éditoriaux de chaque semaine dans le bulletin) ce n’est pas vers nous que nous orientons les regards, mais vers celui que nous reconnaissons comme la source de toute vie et que chacun de nous est invité à rencontrer personnellement.

D’un côté, la foi nous arrache à nous mêmes, à toutes nos pesanteurs, c’est-à-dire à notre péché, et de l’autre côté elle nous constitue dans l’humanité véritable, Avec les disciples de Jésus, redisons inlassablement : »Augmente en nous la foi ! » pour que nous grandissions dans l’humanité telle que Dieu veut la modeler et la perfectionner sans cesse.

 

2) Le service.

`Reconnaissons-le honnêtement, la petite scène de genre racontée par Jésus nous met un peu mal à l’aise. Nous nous offusquons volontiers devant une situation sociale profondément regrettable que Jésus se contente de rapporter et qui illustre parfaitement la vie quotidienne dans la Palestine de cette époque : une petite exploitation agricole avec un homme à tout faire, corvéable à merci ! Et encore la traduction a-t-elle adouci le texte qui parle bien d’esclave et non de serviteur ! Il s’agit ici uniquement d’un point de départ , et Jésus renverse les points de vue habituels : nous sommes invités à faire de même non pas en prenant modèle sur le maître, mais sur le serviteur et sans doute à aller plus loin ; il ne s’agit pas simplement pour nous de servir un maître humain, mais de découvrir le service comme une valeur fondamentalement évangélique,

De même que le Christ se définit lui-même comme celui qui est venu pour servir et non être servi, nous devons convertir notre mentalité et trouver notre vocation et notre raison de vivre dans le service.

« Serviteurs inutiles », comme on traduisait autrefois ; « simples serviteurs », dit le texte aujourd’hui ; l’expression n’et pas facile à comprendre. Elle n’a en tout cas rien de dévalorisant : le serviteur de la parabole n’a pas été inutile, tant s’en faut ! Comment son maître aurait-il fait sans lui ?

Mais comme serviteurs et pour rester tels, notre tâche consiste à faire ce que Dieu attend de nous. Nous n’avons pas à juger par nous-mêmes de l’excellence ou de la médiocrité de notre service. La foi est un service dans l’humilité et l’obéissance, elle n’a pas de comptes à demander à Dieu, pas d’exigences à lui imposer, pas de signes de reconnaissance à attendre de lui : tout cela nous sera donné par surcroît ! Voilà le « simple serviteur », il ne se réfère pas à lui-même, il attend tout de Dieu.

 

3) Dans la vie quotidienne.

La lettre à Timothée nous fournit des indications précieuses pour le service au quotidien. La vie de foi et de service à laquelle nous sommes conviés, c’est dans un « esprit de force, d’amour et de pondération » que nous pourrons la mener. Il ne s’agit pas simplement d’une disposition pieuse, conséquence de nos propres choix, mais il s’agit du don de l’Esprit-Saint, comme la fin du texte le précise. Si ce don concerne tout d’abord les ministres comme Timothée, (ce don qui lui a été conféré par l’imposition des mains de la part de Paul), il s’étend également à tous les baptisés. Les intuitions et l’enseignement du Concile Vatican II sont explicites à ce sujet Tous, nous avons à rendre témoignage au Seigneur, c’est là notre sacerdoce baptismal, dont la vitalité s’accroit sans cesse en prenant notre part des souffrances liées à l’annonce de l’évangile et en gardant le dépôt de la foi dans toute sa beauté.

A chacun de trouver ce qui va lui permettre de se nourrir spirituellement et de devenir un membre actif de la communauté. Sortons de nos coquilles, il y a forcément dans les soixante-dix services et mouvements de la paroisse un lieu où nous pourrons donner toute notre mesure et devenir, pour l’amour du Christ et de nos frères et sœurs, un vrai disciple-missionnaire. Puisse cela être l’orientation de toute notre année !

 

                                                                                               Pierre Chollet