Père Chollet le 13 novembre 2016

13 novembre 2016. Messes de 9 h. et 10 h. 30. Homélie

 

Bien sûr, la proximité de la fin de l’année liturgique explique que l’Église nous propose de réfléchir au sens de la vie et à la question de la persévérance devant les catastrophes éventuelles ; les événements tragiques que notre pays a connus depuis l’année dernière nous poussent également à cette réflexion. Enfin, ne négligeons pas le fait que, à ce stade de l’évangile, Jésus est préoccupé par l’approche de sa passion et de sa mort violente.

Mais allons-nous céder à l’angoisse et au découragement ?

Nous sentons bien, je crois, que l’expression « le jour du Seigneur », employée par le prophète Malachie est déterminante pour bien comprendre le message biblique de ce dimanche. Ce « jour du Seigneur » n’est pas simplement ici le dimanche qui revient chaque semaine, mais un jour particulièrement important qui dévoile le sens de notre existence ici-bas. Cette expression, nous trouvons plusieurs fois dans la Bible avec des colorations différentes : citons Isaïe 13, 9 : »Voici que vient le jour du Seigneur, implacable. » On pressent qu’il s’agit d’une instance de jugement. St Paul, lui, écrira aux Romains (13, 11-12) : »Maintenant le salut est plus proche de nous que lorsque nous avons embrassé la foi. Le Jour est tout proche. » L’avenir est une période de dévoilement !

Dévoilement, c’est exactement le sens du terme d’apocalypse par lequel on désigne le genre littéraire employé par Jésus pour nous faire sortir de notre torpeur et de notre insouciance, comme les disciples éblouis par les beautés du Temple sans penser à son éventuelle destruction, symbole de la fragilité des choses humaines. Jésus veut nous aider à ne pas nous endormir et à prendre notre existence à bras-le-corps, sans céder au découragement ou à la peur. Et c’est vrai qu’il y aurait de quoi, quand nous sommes avertis que l’avenir nous apportera des guerres, des tremblements de terre, des famines et des épidémies ! Ne nous hâtons pas d’ailleurs, d’identifier trop rapidement les catastrophes que nous pouvons connaître avec les signes que Jésus décrit pour ouvrir nos esprits, et qui sont les indices que notre monde, comme dit Paul, connaît les souffrances d’un enfantement.

Et justement, Jésus, loin d’insister sur ces perturbations cosmiques, en arrive très vite au point qui nous concerne personnellement et nous rappelle notre mission essentielle de disciples : « Cela vous amènera à rendre témoignage. » Le témoignage est au cœur de la vie du disciple. Témoignage par toute la vie, témoignage par la parole. L’évangéliste fait ici allusion aux persécutions que la première communauté chrétienne a connues dès la fin du siècle, sans compter les divisions douloureuses entre frères.

Cet avertissement ne peut que nous inciter, nous aujourd’hui, à travailler à toujours plus d’unité entre frères chrétiens, en sachant que cette unité est le fruit de l’Esprit de Jésus qui donne le langage adéquat et la sagesse à laquelle les adversaires ne peuvent s’opposer et qui permettra au monde de croire.

En fait, et en dépit des perspectives plutôt sombres tracées par Jésus, son message est celui de la confiance et de la persévérance. Ne soyons jamais découragés, quelle que soit la violence du péché ou de l’adversité sous toutes ses formes. Le Seigneur est toujours là pour nous relever. Malachie le laissait déjà entendre : si le jour du Seigneur est celui de l’anéantissement des arrogants et des impies, il est aussi celui de la guérison pour ceux qui « craignent son nom », c’est-à-dire ceux qui mettent en pratique l’enseignement qu’ils ont reçu.

Pour cela, nous pouvons prendre modèle sur St Paul qui décrit dans sa deuxième lettre aux Thessaloniciens la manière dont il a organisé sa vie pour n’être à charge à personne et inciter chacun à assumer sa responsabilité d’humain et de chrétien. Si St Paul nous invite à l’imiter, c’est que lui-même imite le Christ dans la manière dont celui-ci s’est fait tout à tous.

Au fond,, sans minimiser les difficultés que nous ou nos frères nous pouvons rencontrer en cette vie –et quelle existence pourrait prétendre n’en connaître aucune-, c’est sur la miséricorde de Dieu, cet amour bienveillant et prévenant dont nous nous sommes efforcés de vivre plus particulièrement cette année, que nous pouvons compter. Oui, nous sommes aimés de Dieu, alors aimons-le de tout notre cœur ! Accueillons le jour du Seigneur pour qu’il rayonne sur tous. Telle est la vraie raison de vivre pour le croyant.

                                                                                                          AMEN !

 

                                                                                                          Pierre Chollet