Père Chollet la Toussaint 2016

Solennité de la Toussaint 2016. St Pierre : messe de 9h, St Jacques : messe de 11h.

 

            La solennité de la Toussaint, qui nous réunit aujourd’hui nous oriente dans deux directions : la première, c’est qu’il s’agit de la fête de tous les saints, connus ou inconnus, célèbres ou cachés, canonisés ou non ; la deuxième, c’est que nous sommes tous appelés à la sainteté : tous Saints !

Cette fête a également une troisième dimension, j’y reviendrai plus tard.

 

Fête de tous les Saints : chaque jour le calendrier liturgique, et même le calendrier des postes (s’il existe encore !) propose à notre mémoire et pour certains, à notre vénération, des noms de saints chrétiens, hommes et femmes qui ont répondu à un appel particulier de Dieu. A la télévision, si des noms sont mentionnés, en lien avec l’heure du lever du soleil ou les phases de la lune, la mention de la sainteté est généralement omise, pour cause de laïcité, sans doute.

Parmi ces hommes et ces femmes, certains sont très connus, ce sont les proches de Jésus, ou des acteurs éminents de l’Église primitive, ou encore des chrétiens et des chrétiennes qui ont incarné le christianisme de manière particulièrement remarquable et que l’autorité de l’Église a canonisés, c’est-à-dire qu’elle a promu leur culte afin de les donner en exemple à tous les baptisés et même peut-être au-delà ! (Pour ne donner qu’un exemple, pensons à Sainte Térésa de Calcutta récemment canonisée par le pape François.)

Mais d’autres ont vécu leur foi chrétienne dans l’obscurité de la vie quotidienne ; ils n’ont jamais été remarqués, ce sont les saints anonymes, ceux qui ont répondu à leur vocation baptismale sans que les circonstances les amènent à être en plein jour. Ce sont eux qui composent la »foule immense » dont nous parle l’Apocalypse, et qui, comme le dit encore le texte, sont connus de Dieu seul : »Qui sont-ils et d’où viennent-ils ? Toi mon Dieu, tu le sais ! »

Par ailleurs, ne pensons pas qu’il s’agisse de personnes irréprochables en tout ; à l’exception de la Vierge Marie, tous ont été plus ou moins des pécheurs ; ils n’ont pas forcément fait le bien en toute circonstance !. Mais leur sainteté vient de la miséricorde divine qui, à travers leur demande humble et vraie, leur a pardonné leurs péchés. Le saint est avant tout, comme St Pierre ou St Paul, un pécheur pardonné.

 

Tous appelés à la sainteté : la fête de la Toussaint est un rappel de la vocation de chacun des baptisés. La destinée chrétienne est d’être toujours auprès de Dieu, dans la joie de son royaume. Cette réalité, aujourd’hui invisible à nos yeux, nous attend. Cette vocation touche les personnes de toutes situations, de tous milieux, de tous les peuples ... Comme l’a fortement souligné le Concile Vatican II, il y a une vocation unjverselle à la sainteté. Il faudrait relire à ce sujet tout le chapitre 5 de la Constitution dogmatique sur l’Église Lumen Gentium. « Il est donc clair pour tous que tous les fidèles, de quelque état ou rang qu’ils soient sont appelés à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité : cette sainteté procure, même dans la société terrestre, un mode de vie plus humain. » (N° 40) Ici nous rejoignons évidemment le texte des Béatitudes qui nous propose une vision du bonheur résolument à l’opposé des conceptions habituelles et terre-à-terre. Ce texte nous invite à une conversion radicale du cœur de chacun de nous et à un regard renouvelé sur nos frères que nous sommes appelés à accompagner dans leurs éventuelles angoisses ou détresses. C’est une route ardue mais paradoxalement elle débouche sur la véritable allégresse !

Troisième dimension que je vous annonçais au début de cette homélie,

si nous pouvons fêter les saints connus ou inconnus, c’est en définitive par ce que Dieu lui-même et avant tout est saint : »Soyez saints parce que moi votre Dieu je suis saint. » Cette affirmation du livre du Lévitique, reprise par la 1ère lettre de St Pierre, est à la source de notre aspiration à la sainteté. C’est Dieu lui-même qui nous appelle à lui ressembler !

Et nous avons un modèle et un guide venu partager notre existence, c’est Jésus obéissant en tout à la volonté du Père en se laissant conduire par l’Esprit. Lui qui «  est venu pour servir et non pour être servi » ouvre le chemin du don de soi, du pardon et de la fidélité. De même que pour le croyant juif devenir saint se réalisait dans la mise en oeuvre de la loi du Sinaï, pour un baptisé la fidélité s’exprime dans la pratique des sacrements, la connaissance de plus en plus personnelle du Christ, le témoignage d’une vie heureuse même au milieu des épreuves, la présence auprès de tous les pauvres, selon cette autre béatitude dans la bouche de Jésus : »Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique ! »

C’est notre joie de savoir que le Christ veut faire de nous de saints pour que nous soyons éternellement avec lui ; soyons l’actualité de la Bonne Nouvelle, signes de la présence agissante de l’Esprit Saint parmi les hommes. Avec tous les saints de tous les temps, rendons grâces à Dieu !

 

                                                                                              Pierre Chollet