Matthieu le Publicain

Son nom provient peut-être de l’araméen qui signifie « Don de Dieu », équivalent de nos Théodore ou Déodat. La tradition chrétienne identifie Matthieu à Lévi, le publicain de Capharnaüm que le Seigneur appela à sa suite alors qu’il était à son comptoir (Mt 9, 9). Il se leva et suivit aussitôt. Lévi savait vivre et, comme Zachée, donna un festin pour célébrer sa conversion. Aux juifs étonnés de ce ramassis de convives douteux, Jésus répliqua : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs ! ». Un évêque phrygien, Papias (+165), nous dit qu’il « réunit les paroles de Jésus en langue hébraïque, que chacun traduisit comme il put ». Même s’il est écrit en grec, cet évangile garde sa tonalité juive. Ses destinataires sont probablement des juifs convertis pour lesquels la question se pose crûment de l’accomplissement des Ecritures et de la continuité du Peuple élu. Après la Pentecôte, on dit que Matthieu évangélisa la Perse, ou la Macédoine ou même l’Irlande. Une tradition très forte l’envoie en Ethiopie où il est reçu chez ce haut fonctionnaire de la reine Candace baptisé par Philippe (Ac 8, 38). C’est là qu’il aurait reçu le martyr. Avant la réforme liturgique de Vatican II, son Evangile était le plus utilisé dans les offices, sans doute parce qu’il met le plus en relief les problèmes de vie fraternelle. Cet Evangile nous guidera cette année pour vivre en conformité avec la foi chrétienne.

Père Sébastien Neuville