Le Pardon

Une oraison du Missel commence ainsi : « Dieu qui manifeste ta puissance lorsque tu pardonnes et fais miséricorde… ». N’est-ce pas le Père du fils prodigue ? Dans le Notre Père nous disons : « Pardonne-nous comme nous même nous pardonnons… » Ce « comme » n’est pas un « car », il n’y a pas bien sûr un lien de cause à effet. Ce n’est pas parce que nous pardonnons aux autres que Dieu nous pardonne. Mais ce « comme » établit une corrélation entre notre manière de pardonner et celle de Dieu. Le fait d’avoir pardonné à ceux qui nous ont fait du tort est nécessaire pour que nous soyons sincèrement disposés à accueillir le pardon, don gratuit de l’amour de Dieu. Au contraire, notre refus de pardonner fermerait notre cœur à l’accueil du pardon offert par Dieu. Le modèle de notre miséricorde et son extension (70 fois 7 fois) est la miséricorde divine, qui est infinie. Seul le cœur ouvert à la gratuité peut l’accueillir. Le Père A.-M. Carré a pu écrire : « Lorsque vous pardonnez à l’un de vos frères, vous ne faites pas qu’obéir à un précepte. Vous participez à la mission du Christ venu pour sauver ce qui était perdu. » Et c’est Romano Guardini qui affirme : « Le pardon fait partie d’une réalité plus vaste, qui est l’amour. C’est la forme que prend la charité quand on lui fait du mal ».

Aline de Boissière